ELIE DOMOTA SOUHAITE REMOBILISER
La mobilisation générale de 44 jours n'aurait pas suffi. Elie Domota menace une nouvelle fois, reprenant ce qu'il avait dit il y a quelques jours : « Mai sera un mois
de combat. »
Elie Domota, en fin de semaine dernière a affirmé que le 7 mai, la mobilisation recommencerait. C'est vrai que le lendemain, 8 mai, c'est férié et que, ce jour-là, il n'y aura pas grand-monde au
travail. Pas plus le jour suivant, qui est un samedi (avec du beau temps pour ue manif monstre ?), encore moins le dimanche. il faudra donc attendre lundi pour savoir si la mobilisation est
effectivement relancée. Entretemps, il faudra quie M. Domota relance la machine LKP. Les récents meetings n'ont pas rassemblé plus que les fans du premier cercle d'Elie Domota : deux ou trois cents
personnes Le 1er mai unitaire a rassemblé à Petit-Canal entre 8 000 et 30 000 personnes, selon que l'on se réfère à une journaliste locale ou au correspondant de l'AFP qui semble vouloir faire
plaisir à Olivier Besancenot en multipliant les marcheurs du 1er mai comme Jésus les petits pains.
Ne pas décevoir Besancenot
Car, c'est en Guadeloupe que le patron des anti-capitalistes a décidé de fêter le 1er mai. Et à Paris, ce serait mal venu de savoir qu'il n'y avait... que quelques milliers de manifestants. 30 000
c'est mieux !
Donc, la mobilisation de 44 jours n'a pas suffi : on va recommencer à vivre sous le régime de la mobilisation générale.
Cette fois-ci, les gérants de stations-servcies donneront-ils le coup de pouce au blocage de l'île en rationnant l'essence pour obliger les gens à rester chez eux, donc à ne pouvoir se rendre au
travail et partant donner le sentiment d'une unanimité derrière les mobilisateurs ? Cette fois-ci, ce seraient plutôt les pompistes qui se mettraient en grève... à moins que (voir plus bas). Pardi,
ils sont tous UGTgistes ! Que feront les gérants ? Passeront-ils en force pour rouvrir leurs stations occupées par leurs salariés ?..
Si ordre de mobilisation il y a, va-t-on se mobiliser ? C'est la question que doivent se poser les Lkpistes. Car si, comme en Martinique — un mot d'ordre de remobilisation a été lancé, n'attirant
que quelques centaines de manifestants —, il n'y a presque personne, adieu l'aura du porte-parole du LKP, Elie Domota, et adieu l'espoir de peser sur l'avenir de la Guadeloupe... Tout en ayant
l'air de ne pas y toucher.
Y aller ou pas...
Le Nouvel Observateur de cette semaine affiche le portrait d'Elie Domota en Une. Le papier est d'Ariane Chemin (
link). Une véritable
consécration pour celui que certains voient intégrer le dictionnaire des noms propres dans la prochaine édition du Robert. Alors, comment abandonner cette notoriété internationale, cette adulation
pour un retour à un quasi-anonymat ? Dur, non ? On peut comprendre M. Domota.
Cette semaine Elie Domota et le LKP vont tout faire pour rameuter le ban et l'arrière-ban de leurs supporters, au prétexte que l'on n'a pas répondu « aux revendications des travailleurs ». Ils
appuieront leur relance du mouvement sur le fait que de nombreuses entreprises n'ont pas signé l'accord Bino; que l'Etat préparerait (voir sur le site de l'ugtg : ugtg.org) « un coup d'Etat »,
excusez du peu, avec le Medef — celui-ci, maladroit, a dans une note confidentielle qui a transpiré à l'extérieur, révélé qu'il s'apprétait à se professionnaliser pour répondre coup pour coup aux
syndicats... Autre prétexte aussi, un rapport complémentaire au Rapport Bolliets sur le prix du carburant, le Rapport Brissac qui révèle quelques turpitudes de la Sara (voir le contenu sur ce
blog). Enfin, il y a l'enquête judiciaire en cours sur les propos d'Elie Domota à propos des békés.
Pa touché Domota, lit-on sur le palais de Justice de Pointe-à-Pitre. personne ne
s'avisera d'effacer ces graffitis !
Si les leaders du LKP n'arrivent pas, avec cette nouvelle plate-forme, à mobiliser une nouvelle fois, on peut s'attendre à une radicalisation des occupations de cours ou des abords d'entreprises
qui n'ont pas encore signé l'accord Bino. Si la mobilisation reprend, sera-ce moins agité ? Pas sûr, d'autant qu'il faut peser toujours plus sur l'Etat, le disqualifier au yeux des Guadeloupéens
pour qu'ils envisagent inéluctablement autre chose... C'est le thème de la révolution permanente. Elie Domota veut démontrer qu'il dépasse ses maîtres
es mouvement social d'ampleur. Ce que
Besancenot est incapable de faire dans les départements français de l'Hexagone, il l'a fait ici, avec un réel talent d'organisateur et de débatteur. Il peut le refaire quand il veut. Il le
refera... Alors, tous les coups seront-ils à nouveau permis, comme on l'a vu durant les deux jours de blocage de la Guadeloupe par des barrages où des petits truands de quartiers venus en renforts,
« spontanément », n'ont pas hésité à faire le coup de feu sur les forces de l'ordre ?
N'en doutons pas : l'idée est de relancer la machine LKP, d'éviter l'oubli, l'enfoncement dans la routine, en surfant sur la vague d'un certain mécontentement, d'ici au 27 mai.
Avec une apothéose ce jour-là. Les Guadeloupéens suivront-ils ?