Domota appelle à la grève générale et à torpiller le Congrès des élus
Jeudi, le congrès des élus départementaux et régionaux se réunira au palais du conseil général, à Basse-Terre. Une centaine d'élus (puisque les grands élus, députés
et sénateurs sont invités) se retrouveront pour élaborer un projet guadeloupéen de société.
Dans le même temps, le Liyannaj kont pwòfitasyon (LKP) appelle à la mobilisation générale.
« Le Congrès des élus départementaux et régionaux du 7 mai a bien entendu été pensé et préparé, d’une part en accord avec les deux exécutifs et les assemblées, et préparé au plan matériel par les
services des deux assemblées. Il ne s’agit pas du Congrès de Jacques Gillot mais de celui des élus des élus départementaux, régionaux et des parlementaires », précise le Dr Gillot.
On pourrait lui opposer qu'il s'agit de contre-Etatx généraux, ces derniers initiés par l'Etat à la demande du président de la République Nicolas Sarkozy à la suite des 44 jours de
grève/mobilisation générale du LKP qui ont paralysé la Guadeloupe du 20 janvier au 4 mars 2009.
Jacques Gillot s'inscrit en faux contre cette assertion : « La démarche du Congrès n’est nullement concurrente de celle des états généraux. Les différences sont indiscutables en termes
d’antériorité, de calendrier et de portée. Elle est bien antérieure à l’initiative prise par le Gouvernement puisque le Président du Conseil Général avait fait part, dès ses vœux à la presse en
début d’année, de son souhait de réunir le Congrès sur la méthode à mettre en place pour élaborer un projet de société. Elle diffère d’autre part sur la méthode puisqu’il s’agit de mettre en œuvre
une organisation territorialisée qui favorisera la liberté d’expression, en mettant tous les citoyens sur le même pied d’égalité, et la remontée la plus efficiente d’avis, d’observations et de
contributions qui une fois synthétisées constitueront le Projet de Société. Enfin, cette démarche s’inscrit dans le moyen terme, avec un calendrier beaucoup plus long que celui des états généraux.
»
Une journée de grève générale
Dans le même temps, ce jeudi, le LKP va se remobiliser pour une journée de grève générale. Les principaux syndicats qui le composent se sont donnés rendez-vous à Basse-Terre — où se tient le
Congrès des élus — pour manifester.
« Les tenants du pouvoir tentent de mettre en place une double opération de diversion : les Etats généraux de Sarkozy et le Congrès des élus de la Guadeloupe. Les Etats généraux ayant perdu
toute crédibilité du fait de l’absence du LKP, (MM.) Gillot et Lurel essaient de se refaire une virginité, en amenant le débat sur le terrain institutionnel (...) Le peuple doit se mobiliser pour
faire échec aux conciliabules juridico-politique qui se trament sur sa tête. Quel sens aurait un changement de statut, s’il ne prenait pas en compte les intérêts fondamentaux des travailleurs, des
jeunes des producteurs locaux et des masses laborieuses. Le peuple est le seul à décider des institutions qu’il souhaite et de son calendrier. Les élus actuels n’ont pas été élus pour
changer le statut de la Guadeloupe, mais pour gérer un département et une région et répondre aux demandes explicites qui leur sont adressées. Face à ce complot, nous appelons à la mobilisation »,
exprime le LKP.