Outre-mer: Penchard reproche à Lurel d'"instiller le doute sur la sincérité de l'Etat"
La secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, a reproché mercredi au président du conseil régional de Guadeloupe, Victorin Lurel (PS), d'"instiller le doute sur la sincérité de l'Etat
dans le respect de sa signature" pour l'évolution du prix des carburants dans les DOM.
M. Lurel a notamment dit que "les conditions de sortie du gel du prix des carburants n'était pas réunies" et que "le gouvernement n'(était) toujours pas prêt à proposer une nouvelle formule plus
juste et plus transparente".
Le gouvernement vient de relever de 6 centimes le prix des carburants en Guadeloupe, après avoir débloqué les tarifs en Martinique et à La Réunion.
Dans un courrier à M. Lurel rendu public par ses services (voir nos précédentes pages), Mme Penchard affirme craindre que le député PS "ne conforte le discours de ceux qui cherchent à nuire à la
crédibilité des institutions républicaines".
Elle écrit notamment que "le gouvernement n'a pas cherché à protéger tel ou tel, mais a pour seul objectif de trouver un prix économiquement juste tout en préservant l'emploi".
Selon Mme Penchard, le "premier train de mesures" prises (notamment réduction de la marge de la Sara, filiale de Total, et financement par EDF d'une part de ses surcoûts) "ne clôt bien évidemment
pas le débat quant aux évolutions plus structurelles à apporter au mode d'administration des carburants outre-mer".
Assurant que "l'Etat ne saurait décider seul", elle affirme qu'elle tiendra compte des préconisations de la mission Ollier, dont certaines sont "déjà mises en oeuvre", comme le "retour progressif
aux prix normaux des carburants".
S'agissant du protocole d'accord du 4 mars ayant mis fin à la crise sociale en Guadeloupe, elle indique notamment qu'elle a demandé au ministère des Finances de "permettre une révision des prix
plus réactive" à celle du pétrole brut.
L'entourage de M. Lurel a répondu que "sous-entendre que le président de la Région Guadeloupe conforte le discours de ceux qui cherchent à nuire à la crédibilité des institutions républicaines est
offensant, sachant que durant toute la durée de la crise sociale, il n'a cessé de défendre la République et ses valeurs".