Revue de l'actualité politique locale
Le festival des Etonnants Voyageurs, qui devait s'ouvrir ce jeudi en Haïti, vient de confirmer la mort de l'écrivain Georges Anglade et de sa femme Mireille. Né à Port-au-Prince en 1944, parti étudier la géographie appliquée à Strasbourg en 1965, puis au Canada en 1969, Georges Anglade était l'un des fondateurs de l'Université de Québec à Montréal (UQAM), où il a enseigné la géographie sociale jusqu'en 2002.
Parce qu'il s'opposait à Duvalier, il fut emprisonné, exilé à deux reprises et plusieurs fois menacé de mort. Porte-parole du Mouvement haïtien de solidarité en 1986, auteur du manifeste « la Chance qui passe » en 1990, il fut également conseiller des présidents Jean-Bertrand Aristide et René Préval jusqu'en 1996.
Auteur de nombreux livres consacrés à son île natale, comme « Mon pays d'Haïti » (1977), « Espace et liberté en Haïti » (1982) ou « Ce pays qui m'habite » (2002), il était « à la fois théoricien et praticien de la Lodyans, genre littéraire majeur en Haïti », peut-on lire sur le site des Etonnants Voyageurs qui résume sa vie, présente son oeuvre et cite cet écrivain particulièrement attaché au « Rire haïtien ».
Il devait notamment participer, ce vendredi à Port-au-Prince, à un débat sur la « Canadian connection » avec d'autres auteurs comme Dany Laferrière, Stanley Pean ou Rodney Saint-Eloi. On se réjouissait à l'idée de pouvoir l'entendre là-bas, de faire sa connaissance, et d'en savoir plus sur son parcours, qui force le respect.
G.L.