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Revue de l'actualité politique locale

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LE DISCOURS D'ERIC JALTON 11/01/10

ERIC JALTON : Je suis favorable à une réforme des institutions qui ont mis le peuple dans la rue, qui sèment les larmes dans les foyers depuis longtemps, qui minent la cohésion sociale et interdit tout développement local endogène. »

Eric Jalton a prononcé le discours fondateur de sa candidature aux régionales, dimache matin, à l'école Anquetil.
Voici l'intégralité de ce texte.

Chers compatriotes,

La Guadeloupe a été rudement secouée durant le premier trimestre de l’année 2009 par un puissant mouvement social qui a ébranlé les fondements de notre société, mettant à nu l’existence d’un système organisé de pwofitasyon. Des milliers de Guadeloupéens, dans leur diversité de condition et d’appartenance, sociale, culturelle, ethno-raciale, spirituelle et philosophique voire politique se sont mobilisés durant les 44 jours qu’a durée le conflit pour exiger l’amélioration immédiate de leurs conditions d’existence, singulièrement de leur pouvoir d’achat et pour démasquer les profiteurs.

Tous, ici, à Droite comme à Gauche, se sont accordés pour dire que ce cri du peuple, venait manifestement de très loin et que, traversant le temps, il faisait écho à une souffrance et à un mal-être séculaires, enkystés dans des injustices et des discriminations douloureusement vécues et ressentie aujourd’hui encore. La soudaineté et la puissance du mouvement, conjuguées à sa radicalité, ont surpris plus d’un et singulièrement une classe politique subitement hébétée et tétanisée devant l’ampleur et l’amplitude de la protestation.

La question de la légitimité des uns et des autres, celle des élus et celle de la rue, a donc été sujet à controverse et objet de crispation durant toute l’année du mouvement.

Durant ce conflit à dimension sociétale et à portée historique, en tant que Guadeloupéen, maire des Abymes et socialiste, progressiste convaincu, il m’est apparu plus qu’avant et plus que jamais, que la crise qui frappait notre Guadeloupe montrait bien que nous sommes à la croisée des chemins et que le combat contre le système de pwofitasyon qui a jeté dans la rue des dizaines de milliers de nos frères et sœurs, mères et pères et enfants aussi, se doit d’être engagé résolument par des élus décidés à relever le gant , parce que conscients au plus haut point de l’urgence et de l’impérieuse nécessité de proposer un débouché politique à la      protestation sociale.

 J’ai compris alors qu’il serait tout simplement criminel et totalement  irresponsable d’abandonner le peuple à son sort, en faisant valoir notre impuissance d’élus, incapables de nous faire entendre «  au plus haut niveau » et avouant avec une stupéfiante candeur que nous ne sommes ni entendu, ni même écoutés à Paris.

J’ai mieux compris combien il était important que les élus de Guadeloupe, principalement ceux qui se réclament du socialisme progressiste, se mettent en capacité de relayer dans les institutions, dans les assemblées où ils ne se siègent que par la volonté, le combat du peuple, pour la Justice sociale.

Oui, comme je l’ai indiqué lors des négociations de février au World Trade Center, cette foule qui martelait du talon les rues de Guadeloupe, ressemblait bien à ce peuple qui a fait de moi son élu, pour que sa protestation me préoccupe, contrairement à ceux qui n’ont eu de cesse de se plaindre qu’on les empêche de profiter tranquille, que ceux qui, prisonniers de leur ego surdimensionné et enfermés dans leur délire paranoïaque, n’ont pas voulu voir dans le mouvement social autre chose qu’une attaque contre leur petite personne.

Le mouvement social du premier trimestre 2009 a donc révélé la profondeur  de la crise : l’ampleur du désastre économique, de l’hécatombe sociale, de la catastrophe écologique annoncée ; la méfiance et la défiance vis-à-vis de la représentation politique locale ; la détresse des dizaines de milliers de chômeurs et travailleurs précaires, particulièrement des jeunes et des femmes, le désarroi des agriculteurs, des pêcheurs, des chefs d’entreprises petites et moyennes, la souffrance qui tue à petits feux des milliers de retraités et de personnes porteuses de handicap.

Alors comment  un seul élu de ce pays, surtout s’il se réclame de la Gauche, pourrait-il rester sourd au cri du Peuple ?

Le mouvement social a fait admettre, tout au moins pour ce qui me concerne, que tout ceci n’est plus acceptable et qu’on ne saurait se satisfaire d’aménagement à la marge.

Il m’est apparu clairement que ce dont la Guadeloupe a besoin, et ce à quoi aspirent profondément les Guadeloupéens, c’est d’une Alternative globale, qui puisse répondre aux urgences de l’heure, hurlées dans les déboulés de rues par les enfants de Guadeloupe.

Les élections régionales des 14 et 21 mars 2010 sont donc l’occasion de faire la démonstration que nous avons bien écouté, entendu et compris.

Pour ce qui me concerne personnellement, j’ai compris que durant ces dernières années et encore aujourd’hui, « la Guadeloupe pour tous » de l’actuel président n’a été qu’un leurre : c’est d’ailleurs l’affirmation éclatante  et cinglante, sans équivoque du mouvement social.

Alors comment pourrait-on aujourd’hui exhorter à un «  Tous pour la Guadeloupe » et convaincre ou bluffer de nouveau quand les mêmes qu’hier persévèrent aujourd’hui dans leur pwofitasyon ?

Comment continuer comme avant, comme si de rien n’était, malgré le grand mouvement social qu’a connu le peyi Gwadloup et, alors même que le protocole d’accord du 4 mars, signé par les parties n’est toujours pas respecté ? Quand les prix des produits alimentaires continuent de grimper ? Quand celui de l’essence a été relevé et qu’une nouvelle augmentation est déjà annoncée pour le mois de février ? Quand les jeunes sont si seuls, abandonnés dans leurs désoeuvrement ? Quand on continue à subventionner les entreprises qui licencient ? Quand les contrats aidés désespèrent d’être titularisés ? Quand le président de la République continue à déblatérer avec force, des promesses fallacieuses visant à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, dlo mousach pou lèt ?

Il reste une grande attente et un espoir ténu mais surtout une grande désespérance et le sentiment profond et douloureux de s’être fait avoir …. Une fois de plus.

Les Guadeloupéens savent bien que ce n’est ni Elie DOMOTA, ni le LKP qui ont honteusement menti mais bien les préfets, ministres et autres affidés.

Le risque dés lors est grand qu’aujourd’hui, ou demain, que la situation sociale s’envenime à cause de ceux qui, en toute irresponsabilité, bombent le torse ou haussent les épaules, protégés le croient-ils par un sacro-sainte légalité républicaine, alors même que le mouvement social, leur a offert «  sur un plateau, une formidable opportunité d’entreprendre la transformation paisible de ce système épuisé.

Comment ne pas se rendre compte du risque de délitement de notre société, du risque de recrudescence d’actes de violences de toutes sortes, liés aux désoeuvrement et à la desespérance de jeunes qui n’ont plus rien à perdre ni à gagner » ?

Mes chers compatriotes,

Notre Gwadloup est trop grosse de conflits sociaux pour ne pas lui tendre la main, pour ne pas se mettre ensemble pour construire et mettre en œuvre une nouvelle politique régionale de rupture avec la gouvernance régionale que nous vivons.

J’entends bien ce qui se dit sur mes intentions relatives à la question institutionnelle ou statutaire ; je voudrais sur ce sujet vous mettre en garde contre les mensonges et manipulations du président sortant. Je considère qu’il est temps, sur une question aussi importante pour la vie des Guadeloupéens, de cesser de jouer et de faire peur.

J’ai dit clairement et je voudrais que cela soit entendu de manière définitive, que je suis favorable à une vraie responsabilité locale.

Je suis favorable à une réforme des institutions qui ont mis le peuple dans la rue, qui sèment les larmes dans les foyers depuis longtemps, qui minent la cohésion sociale et interdit tout développement local endogène.

J’ai dit que cette réforme doit nous donner les moyens réels de nous insérer dans l’espace Caraïbe et d’ouvrir notre économie au monde si nous voulons éviter la marginalisation dans un monde qui se globalise et qui exige l’action et la négociation de proximité pour s’en sortir.

J’ai dit encore que sans délai, il faut s’attacher à rationaliser et à moderniser nos institutions, qu’une assemblée  ou une collectivité unique, dotées de compétences élargies et renforcées, me paraissait le minimum sur lequel nous pouvions progresser ensemble dans l’intérêt du pays. J’ai dit enfin qu’il faut sortir de ce débat juridique, entre 73 et 74, parce que ce débat n’a de sens que pour les spécialistes, parce qu’un peuple ne peut engager son avenir sur des articles.

A cet égard, et au risque de me répéter : ce n’est pas au nom d’une exclusive dignité guadeloupéenne que nous militons pour une évolution sensible des responsabilités guadeloupéennes mais davantage au nom de l’efficacité des politiques publiques locales afin de résoudre les graves problèmes et difficultés qui assaillent notre peuple, notre écosystème et en définitif notre cohésion et notre bien-être dans notre petit pays de Guadeloupe que nous aimons tous.

Ni 73  ni 74.

Ce qui importe c’est que soit revisité et aménagé, avec audace et mesure, le cadre institutionnel actuel afin de le rendre plus adapté à nos réalités et aux exigences d’un développement endogène, résolument éco-responsable, social, solidaire, fondé sur une éthique de conviction qui place l’homme au centre du projet de société ; un cadre institutionnel qui permette une domiciliation élargie et renforcée de la responsabilité locale.

En attendant, il parait plus que jamais indispensable que l’exécutif régional, au lieu d’ergoter  et de se satisfaire de postures empruntées, s’attache à agir vraiment pour changer la vie des Guadeloupéens.

Il faut mettre un terme aux dérives du pouvoir personnel qui favorise et nourrit le clientélisme, autorise impunément les représailles à l’encontre des insoumis et les règlements de compte vis-à-vis des opposants, élus ou non. Comme vous, je me suis souvent indigné de la méthode de gestion de la crise, de cette gouvernance qui fait dépendre les subventions du degré de servilité des maires, de l’absence de volonté et d’efficacité sur les questions économiques, sociales et relations avec l’extérieur.

Les élections régionales doivent donc être l’occasion de changer les choses en changeant le cours, en proposant une alternative sociétale qui emporte l’adhésion des citoyens, des militants associatifs, des syndicalistes, des chefs d’entreprises guadeloupéennes, tous unis autour d’une liste de rassemblement qui tienne compte des « exigences de civilisation » exprimées par le mouvement social.

Il convient de renforcer, au sein du conseil régional de Guadeloupe, cette alternative progressiste, citoyenne, de transformation sociale et écologique, aujourd’hui dispersée mais sommée désormais de rassembler.

C’est aussi pour cela que j’ai accepté de prendre la tête de ce rassemblement que j’entends promouvoir, en précisant toutefois avec insistance et « afin que nul n’ignore », que le combat qui s’annonce pour les futures élections régionales ne pas être compris comme un entreprise visant exclusivement à chasser un homme en l’occurrence l’actuel président du conseil régional.

Toux ceux qui perçoivent de façon aussi restrictive l’enjeu électoral se trompent dangereusement et font fausse route. Je ne m’associe en aucune façon, ni à cette démarche, ni à un éventuel complot.

Ce serait la porte ouverte à toutes sortes de dérives et de compromissions qui non seulement insulteraient notre éthique et notre engagement pour l’intérêt général du pays et des Guadeloupéens mais aussi et surtout qui seraient bien en deçà des exigences posées par le mouvement social.

La Guadeloupe a besoin d’une véritable alternative et non d’une simple alternance et plus qu’un changement d’homme. C’est à un changement d’orientation et de projet que je convie celles et ceux qui s’engagent à mes côtés : un changement de modèle de développement, de priorités et de choix ; un changement de pratique et de comportement, de style et de méthodes, une démocratie rénovée et radicalement démocratique.

J’ai compris que je ne pouvais sans trahir mes convictions de socialiste, sans trahir les valeurs d’humanisme et de respect de l’autre dans lesquelles j’ai été élevé, sans trahir justement la mémoire de mon père puisqu’on l’invoque, resté inerte, insensible aux abus, aux incohérences et à la souffrance mis sur la table et dans la rue, à l’occasion du mouvement social de janvier et février 2009.

Me voilà donc maintenant engagé, résolument engagé, dans ce combat qui est le vôtre, le nôtre, pour faire gagner une Guadeloupe qu’on veut, qu’on aime et dans laquelle nous voulons vivre comme des frères.

J’ai mesuré combien il est important que les élus de Gwadloup, principalement ceux qui se réclament du progrès social, se mettent  en capacité de relayer dans les institutions, dans les assemblées le combat du peuple pour la justice sociale et qu’il s’attache à y faire progresser les réformes nécessaires à son bien-être.

Mers chers compatriotes, il s’agit donc pour nous de réussir le rassemblement pour ouvrir la voie à un projet guadeloupéen de transformation sociale et écologique.

Cessons de danser au carnaval des autres.

C’est pleinement conscient de cette nécessité que j’ai décidé, après de multiples consultations et mûre réflexion, de conduire une liste d’Alternative pour les élections régionales des 14 et 21 mars 2010. J’ai été rejoint dans cette entreprise par des femmes et des hommes de progrès, animés comme moi d’une énergique volonté de changement.

 Ce sont des membres de la société civile, ou encore des partis et personnalités politiques, tous convaincus qu’il est temps que cela change.

Nos objectifs stratégiques sont donc clairs :

Battre la fausse gauche sociale-libérale aujourd’hui à la direction de la Région Guadeloupe et empêcher le retour de la droite

Assurer au sein de la future Assemblée régionale, la présence de femmes et d’hommes déterminés à défendre, au-delà des partis et des clans, les valeurs progressistes, sociales, écologiques et démocratiques en toutes circonstances

Faire de la Région un lie de fécondation d’une nouvelle responsabilité guadeloupéenne marquée par une prise en charge toujours plus grade des «  affaires guadeloupéennes » parles Guadeloupéens eux-mêmes au terme de débats larges menés sur l’ensemble du territoire

Faire de la Région un pôle d’initiatives et de propositions innovantes pour promouvoir de nouvelles logiques de développement économiques, citoyennes et écologiques

Faire de la Région une institution dont la préoccupation principale sera les conditions de vie des Guadeloupéens et leur amélioration continue

Promouvoir un mode de gouvernance fondée sur la démocratisation du fonctionnement de l’institution régionale, qui torde le cou au présidentialisme et sur l’intervention et la participation citoyennes dans les processus de décision des politiques publiques, leur contrôle et leur évaluation

La prise en compte de la donne écologique dans toutes les politiques publiques entrant dans le champs de compétences de la Région Guadeloupe

La nécessité de privilégier l’accompagnement économique de nos très petites, petites et moyennes entreprises et industries. Elles sont le cœur de notre économie et créent l’emploi local

La mise en œuvre d’un traitement équitable de nos territoires notamment par un aménagement géographiquement équilibré et la gestion non partisane des aides régionales aux communes et aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI)

Le traitement non discriminatoire et judicieux des aides accordées au mouvement culturel, sportif et artistique.

Ce sont toutes ces raisons et bien d’autres qui motivent ma candidature, que je souhaite partager avec vous. Je vous invite à nous aider et à nous rejoindre dans cette démarche collective, généreuse et démocratique, en prenant part à nos réunions, en nous faisant des propositions de tous ordres, notamment concernant notre projet que nous entendons arrêter définitivement après la concertation la plus large. Nous restons, pour cela, mon équipe et moi, à votre disposition. Nous restons, pour cela, mon équipe et moi, à votre disposition. Des commissions thématiques de projet se réunissent quasi-quotidiennement : vous pouvez y participer.

Concernant la nécessaire mobilisation de terrain, une commission de mobilisation est mise en place afin de coordonner l’action des partis, groupements, associations et groupes d’actions qui soutiennent notre démarche.

Et vous, créez, partout où vous le pouvez, des groupes d’action pour le changement, dans vos quartiers, associations, familles, amis, entreprises et rendez-nous compte. La direction de campagne et le comité stratégique veillent à l’intégration et à la participation du plus grand nombre…

Nous sommes et nous entendons rester dans cette campagne, la force, le mouvement du progrès, de l’écologie, de la justice sociale, de la responsabilité locale face à l’immobilisme, à l’injustice sociale et l’aliénation.

Alors, chers compatriotes,

Allons ensemble, convaincus et déterminés, tous ensemble, forts du projet qui découlera de nos grandes orientations programmatiques,  allons ensemble, en ordre serré vers la victoire.

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D
<br /> Le peuple était dans la rue pour les 200€ pas pour changer les institutions, la fonction publique y était pour le fun, rendez vous compte si le tpg était renvoyé dans l hexagone après le changement<br /> de statut!!!<br /> C est là le grand malentendu de l ugtg on agite les 200€ mais après le peuple veux conserver le statut qui lui a permis de les gagner....<br /> <br /> <br />
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