Exclu de l'UMP : Louis Molinié réplique
Louis Molinié, maire de Terre-de-Haut, chef de file de l'UMP en Guadeloupe, a adoubé, avec le soutien de Philippe Chaulet, président de l'UMP Guadeloupe, Laurent
Bernier comme tête de liste aux prochaines régionales.
Si Philippe Chaulet sauve sa tête (mais jusqu'à quand ?), Louis Molinié a été démis de ses fonctions au sein de l'UMP.
Mais, Louis Molinié est bien décidé à ne pas se laisser faire...
« Une fois encore, l’Etat Major parisien du Mouvement s’en prend à des membres, guadeloupéens, qui ont la qualité d’élus légitimes, et cela pour régler les problèmes de ceux qui veulent tout, sans
mandat populaire et surtout sans base électorale, pour se faire un nom, et faire main basse sur une structure politique qui pourrait leur procurer prébendes et autres moyens peu avouables.
Oui ces méthodes ont eu cours jusqu’au seuil de l’année 2008 et les promesses faites étaient qu’il fallait tourner la page et se décider à faire de la politique autrement.
Les écrits, les discours et prises de paroles sont là pour en témoigner.
Hélas la réalité est toute autre et si des fervents défenseurs de la Guadeloupe, département-région au sein de la république ont voulu inculquer la réalité de ce changement annoncé, en obtenant
surtout que des électeurs et sympathisants reprennent le chemin des urnes en confirmant leur attachement aux principes du gaullisme, leurs initiatives sont critiquées et battues en brèche et l’on
trouve des « hommes de Cour » pour inciter les directions politiques du Mouvement à les sanctionner.
Cela est un comportement qui est condamnable dans son principe et surtout dans ses méthodes, qui ne font que renforcer ce sentiment de mépris que certains développent comme un dogme pour asseoir
leurs revendications,
Que peut-on reprocher à Louis Molinié ?
D’avoir su ouvrir des dialogues tous horizons avec des milieux politiques, des milieux économiques et sociaux pour chercher à organiser des réseaux capables de se mettre en mouvement pour
surprendre le moment venu « l’adversaire politique » et mener à la victoire une liste capable de faire échec a Lurel.
Oui, avec une discrétion savamment organisée, allant jusqu’à laisser échapper des « tuyaux percés » pour leurrer l’adversaire ou le dérouter, en charge de la préparation des
conditions d’une réussite électorale, j’ai mené ces consultations, et je me suis heurté aux a priori de certains envers des responsables du Parti, qu’ils soient locaux ou nationaux.
Le temps de Michel Debré à la Réunion est révolu et les parachutages sont difficilement acceptés.
Faut-il rappeler que Raymond Barre, pourtant reconnu comme natif de la Réunion, n’a pas osé affronter les réticences de ses compatriotes et a renoncé à aller comme candidat à la Réunion où certains
le voyaient en successeur de Michel Debré ? Et pourtant les qualités et le passé politique et d’homme d’Etat de Raymond Barre sont des réalités qui ne souffrent pas de comparaison avec les
velléités que certains membres de l’UMP Paris veulent trouver dans celle qu’ils souhaitent parachuter pour assurer une soit disant succession. Comme si le choix démocratique auquel sont conviés nos
compatriotes, est une question de succession !
Alors oui, si ces données désuètes et infondées politiquement sont la vérité pour les membres du Bureau Politique de l’UMP à Paris, sont les seuls arguments que l’on veut bien mettre en avant pour
trouver que le Secrétaire Départemental et chef de file pour les Régionales, a failli à une mission, cela se comprend que sa suspension soit à l’ordre du jour et cela sans explication directe.
Si les statuts du Mouvement précisent dès l’article 2 certains principes, il faut se poser la question sans ambages : ceux qui dirigent le mouvement savent ils lire en juristes et en hommes
intègres ce que dit cet article 2 ?
Cela pourra peut-être froisser la susceptibilité de certains, mais « liberté de conscience, dignité de la personne, garantie de la libre expression des sensibilités politiques » sont des
mots et des termes figurant dans cet article 2 et qui ont une signification que nous, en Guadeloupe, savons lire, comprendre et respecter.
Pourquoi n’en serait-il pas ainsi aussi au plan national et parisien surtout ?
Par ailleurs, voudrait-on nous faire croire, qu’à 48 heures près, -compte tenu des nécessités de calmer certaines réactions de ceux avec qui nous avions eu des consultations et en raison des deux
scrutins très animées organisées par le Gouvernement en Martinique et en Guyane-, de fins politologues et connaisseurs émérites des questions de l’Outre-mer ne pouvaient admettre que descendre dans
l’arène des régionales en prônant l’impérieuse nécessité de respecter un ultimatum venant de Paris n’était pas souhaitable ? D’où notre volonté, sans commentaires excessifs, ni écrits ni
oraux, de simplement préciser que le 9 janvier les choses allaient être annoncées de façon officielle.
Si cela est « désobéir » aux ordres , nous conclurons que cette interprétation parisienne est une offense à la personnalité des électeurs guadeloupéens qui sont prêts à nous faire
confiance et plus encore une offense à la dignité de la personne de ceux qui croient en la Guadeloupe française, qui croient en la volonté de changement des guadeloupéens, qui croient en leur
engagement de tout faire pour que le rassemblement sous une idée républicaine et conforme aux aspirations de la majorité des guadeloupéens et non aux désirs personnels de certains politiques qui
voudraient que l’atavisme soit érigé en règle politique et surtout de succession appropriée même en forçant la vérité des urnes.
De cela les Guadeloupéens n’en veulent plus et oh combien nous les avions compris et entendus pour mener honnêtement nos consultations dans le droit fil des données de la circulaire du Secrétariat
National. Ce qui nous est aujourd’hui reproché.
Louis Molinié, maire de Terre-de-Haut