Martinique: Penchard se veut rassurante sur les conséquences du référendum
La ministre de l'Outre-mer Marie-Luce Penchard, qui entame un déplacement de trois jours aux Antilles, se veut rassurante quant aux conséquences d'un éventuel passage de la Martinique à l'article
74 de la Constitution, qui régit les collectivités d'outre-mer, dans une interview parue jeudi dans France Antilles (www.franceantilles.fr).
"Aujourd'hui, à la lecture des demandes formulées par le Congrès (NDLR: élus du conseil général et du conseil régional), les mesures fondamentales concernant la Martinique ne seraient pas remises
en cause si les Martiniquais faisaient le choix de l'article 74", déclare Mme Penchard.
Les électeurs du département se prononceront le 10 janvier par référendum sur le passage de la Martinique de l'article 73 de la Constitution, qui régit aujourd'hui ce département-région
d'outre-mer, à l'article 74 qui, dans certaines conditions, pourrait lui donner davantage d'autonomie.
En cas de non, ces mêmes électeurs se prononceront le 24 janvier sur la mise en place d'une collectivité unique remplaçant conseil régional et conseil général.
"Que ce soit dans l'article 73 ou l'article 74, ces territoires font partie de la France et n'ont pas vocation à cheminer vers l'indépendance", souligne Mme Penchard.
Venue expliquer les 137 mesures annoncées vendredi par le président Nicolas Sarkozy pour l'outre-mer, notamment pour le tourisme et la concurrence dans la distribution, elle affirme qu'il ne s'agit
pas d'une "victoire" pour les collectifs ayant mené les grèves générales en début d'année "puisqu'ils n'ont pas eu le courage de participer aux états généraux".
Selon elle, "les collectifs ont lancé des questions que l'opinion publique se posait mais sans y apporter de réponse" et "les ultramarins seront en mesure de faire la différence entre ceux qui
apportent des réponses et ceux qui veulent mettre le pays en difficulté".
Dans cette interview à France Antilles, Mme Penchard affirme "ne pas échanger directement" avec le porte-parole du LKP Elie Domota qu'elle rencontrera samedi matin en Guadeloupe dans le cadre du
comité de suivi de l'accord salarial Bino du 4 mars, l'"interlocuteur naturel" de M. Domota étant selon elle le préfet.
"Il n'est pas question d'utiliser cette séance de travail pour en faire une tribune politique. Les Guadeloupéens attendent des réponses, pas des postures politiques", dit-elle, précisant à M.
Domota qu'elle "tient ses engagements".
Ce dernier, qui préfère traiter directement avec les ministres, a estimé vendredi que "l'Etat ne respecte pas, jusqu'à présent, l'engagement d'augmenter les salaires de 200 euros net".