Orpaillage illégal: le patron guyanais Jean Béna condamné en appel
Le patron orpailleur guyanais Jean Béna a vu mercredi en appel sa condamnation réduite à six mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende pour exploitation aurifère illicite ainsi que pour
emploi d'ouvriers non déclarés et en situation irrégulière, a-t-on appris de source judiciaire à Cayenne
En première instance, le patron orpailleur de Maripasoula s'était vu infliger, le 29 février 2008, une peine de un an avec sursis et 50 000 euros d'amende pour cette exploitation aurifère illicite
sur la montagne Nivrée dans le secteur de Dorlin (sud-ouest guyanais).
Lors de l'audience en appel, le 14 octobre dernier, l'avocat général avait demandé la confirmation de la peine. Jean Béna avait expliqué alors qu'il exploitait aujourd'hui l'or au Surinam. "Je ne
travaille plus côté français parce que c'est très mauvais pour les Guyanais. On a fait partir les Guyanais pour donner la place aux Brésiliens illégaux", avait-il dit.
"Ces Brésiliens illégaux dont vous reprochez la présence sur le territoire guyanais, vous les recrutiez !", avait répliqué l'avocat général.
M. Béna avait nié être le patron de ce chantier clandestin d'extraction d'or primaire installé illégalement sur le permis de recherche d'une multinationale.
Le 24 juin 2003, les autorités avaient détruit ce site et le matériel d'exploitation, dont deux pelles mécaniques, lors d'une opération Anaconda sur la montagne Nivrée.
Trois inspections de la Drire avaient également constaté l'illégalité du site aurifère de la montagne Nivrée dans les mois précédent l'opération Anaconda. Un arrêté du préfet, de février 2003,
avait mis en demeure M. Béna de cesser l'exploitation.
En première instance comme en appel, l'avocat de Jean Béna, Me Jean-Yves Marcault-Derouard, avait demandé que soient écartés les témoignages d'ouvriers, interrogés sur le site lors de l'opération
de juin 2003. Onze d'entre eux avaient désigné Jean Béna comme le patron.
L'avocat avait avancé pour justifier sa requête que son client n'avait pu être confronté à ses accusateurs, la plupart étrangers en situation irrégulière.
Pendant plus d'un an après la destruction du site, Jean Béna n'avait pas répondu à ses convocations en justice et avait fait l'objet d'un mandat d'arrêt, d'une condamnation à deux ans ferme par
défaut en mars 2006 avant d'être rejugé début 2008 après la levée de son mandat d'arrêt fin 2007.
"Je constate que la condamnation a baissé. Je vais déposer un pourvoi en cassation et si ce pourvoi est rejeté nous irons devant la Cour européenne des droits de l'homme", a déclaré Me
Marcault-Derouard.