Karam : Guyane et Martinique ont craint un "engrenage" vers l'indépendance
Le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer Patrick Karam a estimé lundi que les Guyanais et Martiniquais avaient largement répondu non dimanche à une autonomie
accrue car "ils ont eu peur" d'un "engrenage" vers l'indépendance.
"Clairement, leur message s'adresse à l'ensemble de la classe politique et aussi accessoirement à l'hexagone", a déclaré M. Karam sur France Culture.
"Après la grande crise de la Guadeloupe (la grève générale de 44 jours début 2009, ndlr), les Français s'étaient trouvés à 51% prêts à accorder l'indépendance à l'outre-mer, eh bien les électeurs
aujourd'hui, derrière une question qui n'est pas la question de l'indépendance mais la question de l'autonomie, ont cru voir un enchaînement qui pourrait conduire à l'indépendance et ils ont dit
non", a-t-il expliqué.
Ils ont craint de mettre "le doigt dans un engrenage qui aurait pu conduire à un autre proccessus dont ils ne voulaient pas", a-t-il insisté. Selon lui, "c'est aussi un oui à la France qu'ils ont
administré alors que ce n'était pas la question posée".
"Les électeurs ont eu peur", a poursuivi le délégué interministériel. "Après la grande crise sociale, ils se sont demandés si ce n'était pas aussi risqué pour eux de se séparer de la France, une
France à laquelle ils sont très attachés".
Le 24 janvier, où Guyanais et Martiniquais auront à se prononcer sur la mise en place d'une collectivité unique, à la place du conseil général et du conseil régional de leurs régions
mono-départementales, "on est dans une autre logique". "On est dans la logique de l'article 73, c'est-à-dire qu'on reste département, simplement on demande de fusionner le conseil général et le
conseil régional", a-t-il dit.
"En 2003, les électeurs avaient déjà été sollicités sur cette question-là et ils avaient dit non, et en Guadeloupe et en Martinique. Cette fois-ci, très honnêtement, la donne pourrait être
différente", a affirmé le délégué.