Régionales: face à une gauche dispersée, la majorité joue "l'union"
L'UMP a conclu mardi un accord électoral avec ses partenaires de la majorité présidentielle, le Nouveau Centre et le MPF, et présentera en mars prochain des listes uniques dans tous les
départements et régions de France, dès le premier tour des élections régionales.
Cet accord, conclu en fin de journée lors d'une réunion du Comité de la majorité en présence du Premier ministre, François Fillon, prévoit d'attribuer au Nouveau centre un minimum de deux têtes de
liste dans les régions, et 15 dans les départements métropolitains et entre 100 et 150 places éligibles, ont annoncé à l'AFP les deux parties.
L'allié de l'UMP, parti dirigé par le ministre de la Défense Hervé Morin, revendiquait trois têtes de listes régionales, entre 15 et 20 têtes de listes départementales et 20% de places éligibles
dans tout le territoire.
Le Nouveau centre compte sur son candidat en Guadeloupe, Patrick Gob, pour arracher une troisième tête de liste régionale, selon l'entourage d'Hervé Morin.
Un comité exécutif de la formation centriste devrait entériner mercredi cet accord.
Le Mouvement Pour la France (MPF) de Philippe de Villiers obtient la tête de liste dans le département de la Vendée qu'il revendiquait.
Jouant sur les divisions d'une gauche qui partira en ordre dispersé, Xavier Bertrand entendait ainsi "faire l'union partout dès le premier tour, à un moment où la gauche est plus divisée que
jamais", a-t-il déclaré à l'AFP après la réunion.
Le rassemblement de premier tour crée "une dynamique gagnante plus forte que les alliances de deuxième tour", a-t-il ajouté.
L'UMP est créditée de 27% des intentions de vote au premier tour, le PS de 21%, Europe Ecologie et les Verts de 15%, selon un sondage Ifop pour Paris-Match publié jeudi.
Exemplaire pour le scrutin de mars prochain, l'UMP d'Ile-de-France, région stratégique, avait officiellement scellé dès vendredi l'"union" en accordant au Nouveau centre deux têtes de listes
départementales (sur huit).
Après avoir menacé de conduire comme en 2004 une liste autonome qui avait coûté cher à l'UMP, André Santini (NC) a ainsi obtenu la tête de liste des Hauts-de-Seine, pourtant promise au chef de file
UMP de l'opposition régionale Roger Karoutchi.
Autre élu NC gratifié au nom de l'"union": le maire de Vincennes, Laurent Lafon, qui conduira la liste du Val-de-Marne. En Seine-Saint-Denis, Aude Lavail-Lagarde formera un tandem avec le candidat
présenté par l'UMP, et issu de la société civile, Patrick Toulmet.
Ailleurs, l'allié centriste a d'ores et déjà obtenu deux des trois têtes de listes régionales : la secrétaire d'Etat Valérie Létard dans le Nord et le chef de file des députés NC, François
Sauvadet, en Bourgogne.
Le Parti radical (cofondateur de l'UMP), présidé par Jean-Louis Borloo et intégré depuis janvier dans les instances nationales du Mouvement populaire, a quant à lui obtenu un chef de file régional
proche du ministre de l'Ecologie: le député Laurent Hénart pour la Lorraine.
La présidente du parti chrétien-démocrate (cofondateur de l'UMP), Christine Boutin, présente à la réunion du Comité de la majorité mardi soir a rappelé à ses partenaires qu'elle "était là" après
avoir menacé de présenter une liste autonome en Pays de la Loire.
"On m'assure que j'aurai satisfaction sur les 20 candidats en position éligible que je revendique dans tout le territoire", a-t-elle confié.