Banane : priorité au maintien des productions communautaires
Rififi dans la zone euro après la trahison de la Commission européenne.
L’ensemble des producteurs européens de bananes des Canaries, de Guadeloupe, de Madère et de Martinique s'est réuni au sein de l'Association des producteurs européens de Bananes (APEB) à Madrid,
lundi, en assemblée plénière.
Lors de leurs conclusions, ils ont exprimé une position commune des 15 000 producteurs de bananes, assurant ensemble 24 000 emplois, face « à l’accélération et à l’évolution extrêmement
préoccupante des négociations multilatérales et bilatérales sur le dossier de la banane. »
L’APEB a rappelé les actions conduites en juillet 2008 avec les pays producteurs ACP pour éviter qu’un accord spécifique à la banane soit signé en dehors du cadre de l’OMC.
Ces positions avaient été entendues, la Commission ayant subordonné la signature d’un tel accord à son approbation par le Conseil général de l’OMC afin d’éviter l’insécurité juridique qui aurait
résulté d’un accord séparé.
Une position confirmée à l’APEB et aux représentants des producteurs ACP par la Commission.
Or, malgré ces assurances répétées, les informations récentes sur l’évolution des négociations feraient état, selon l'APEB, de l’imminence de la signature d’un accord séparé sur la banane non
couvert par une approbation formelle du Conseil général de l’OMC.
« La Commission n’envisagerait qu’une procédure à caractère politique consistant à informer le Conseil général de cet accord, la procédure juridique de multilatéralisation par approbation du
Conseil général ayant été écartée «, affirme l'APEB.
La pire des solutions
« C’est donc la pire des solutions pour les producteurs communautaires comme d’ailleurs pour les producteurs ACP, qui est sur le point d’être retenue et mise en œuvre par la Commission
européenne », affirme-t-elle.
De surcroît, dans le cadre des négociations bilatérales avec les pays NPF (Amérique centrale, Pays andins, etc) l’offre de la Commission va très au-delà des concessions déjà accordées dans l’accord
de Genève : en plus de la baisse tarifaire octroyée dans le cadre multilatéral sur la première période de six années avec niveau d’atterrissage à 114 euros/tonne, elle accorde des baisses
supplémentaires dès la septième année avec niveau d’atterrissage de 95 euros/tonne à la dixième année.
« Il en résulte que la Commission a renoncé à exiger l’ensemble des garanties jusqu’ici considérées comme indispensables pour la sauvegarde des productions communautaires et ACP », accuse
l'APEB.
Que faire alors ? Des discussions ont été récemment engagées entre la Commission et les pays producteurs ACP sur les compensations qui leur seront octroyées pour les aider à résister le mieux
possible à la baisse du tarif douanier.