Front commun contre l'augmentation du prix de l'essence
Ce matin, l'Observatoire des prix s'est réuni en préfecture. A quelle sauce serons-nous mangés ? Sans doute une augmentation du prix de l'essence de 6 centimes,
aujourd'hui ou demain, puisque les autres Dom ont été servis la semaine dernière.
M. Lurel n'a pas assisté à la réunion de l'Observatoire des prix. Jacques Gillot était représenté par Félix Desplan. Jeanny Marc était à Paris. Le préfet a débattu avec ses chefs de services.
« Nous ne pouvons accepter la méthode de la secrétaire d’Etat qui, à ce stade, ne conduit pas à réformer dans sa globalité le mode actuel de fixation du prix des carburants. En laissant sans
réponse nombre d’anomalies et de surcoûts, le gouvernement semble oublier non seulement les accords du 4 mars, mais aussi le rapport parlementaire Ollier qui, dans ses préconisations, demande
notamment la création d’une autorité indépendante chargée de fixer un juste prix pour les carburants, ce que n’est pas l’actuel Observatoire des prix », a affirmé le président de Région.
« Interdit par le droit communautaire »
En cohérence, la Région Guadeloupe n’a donc pas participé à cette réunion de l’Observatoire car, dit M. Lurel, « tout y était déjà écrit d’avance. »
Jacques Gillot a confirmé, par la voix de Félix Desplan, « son opposition à la volonté de l'Etat de procéder sans délai à une augmentation... » Il a réaffirmé sa volonté « de voir le gel des prix
des produits pétroliers maintenu jusqu'à la mise en place d'une véritable réforme... »
Mme Marc s'est fendue d'un communiqué : « La démonstration de force du gouvernement menée en fanfare par son secrétaire d'Etat à l'Outre-mer démontre que le Gouvernement continue la casse de
l'économie de notre département. L'augmentation des prix du carburant perpétue la tradition de pwòfitasyon dénoncée par le LKP. » Elle argumente avec à-propos : « Le processus d'augmentation tel
qu'il est envisagé est purement et simplement interdit par le droit communautaire, sauf s'il est démontré une contrepartie favorable à l'intérêt général. Ici, ce n'est pas le cas ! »
Mme Michaux-Chevry, sénateur et maire de Basse-Terre, a pris fait et cause pour une augmentation, soutenant la thèse d'une adéquation prix du baril/prix du carburant à la pompe, développée,
récemment, par Marie-Luce Penchard,
André-Jean VIDAL
IL A DIT
Nicolas Desforges, préfet de Guadeloupe
L'augmentation des prix des carburants est inéluctable. On ne comprendrait pas qu'on reste ainsi sans changer le prix alors que le baril est passé de 38 à 72 euros. On comprend qu'on ne peut pas
laisser le même prix. Les explications de la secrétaire d'Etat devant les élus sont limpides. Enfin, il y a la contrepartie promise, c'est à dire un premier train de réformes, comme la réduction
des marges de la Sara, etc. Là, nous aurons, avec une petite augmentation de six centimes, un prix plus équitable du carburant.