A
Madame Michèle ALLIOT-MARIE
Garde des Sceaux
Ministre de la Justice
13, Place Vendôme
75042 PARIS cedex 01
Réf : PCR/VL/DIRCAB/DL/BG-Cab-09
Madame la Ministre,
J’accuse bonne réception de votre correspondance en date du 04 septembre dernier qui n’a pas manqué de retenir ma plus grande attention.
J’accueille votre courrier avec une grande déception et une certaine perplexité d’autant que je n’avais toujours pas reçu la réponse à ma question écrite (n°50362 en date du 26
mai 2009- jointe à la présente) précisément sur la construction du centre pénitentiaire de Gourbeyre.
Je ne saurais ignorer les retard pris dans la finalisation du projet de construction du futur centre pénitentiaire. C’est d’ailleurs à ce titre que le conseil régional de la
Guadeloupe que je préside s’est proposé d’accompagner autant que de besoin ce projet.
Néanmoins, je trouve particulièrement navrant que votre ministère affiche la volonté de repousser sine die la construction de ce nouveau centre pénitentiaire.
Sans doute, ne disposez vous pas d’une description détaillée de ce que peut-être le centre pénitentiaire de Basse-Terre. Pour l’avoir visité à plusieurs reprises en ma qualité de
parlementaire, je peux vous assurer que cet établissement, qualifié en son temps par Louis MERMAZ de « pire honte de la République », est dans un état d’insalubrité qu’il est difficile de
décrire.
Le bâtiment date de 1664, il abritait à cette époque un couvent-hospital. Il a changé de destination en 1792 pour devenir une prison. Bien sûr, ce bâtiment a fait l’objet de
travaux et d’aménagements, mais insuffisamment compte tenu de ses « respectables » 350 années d’existence.
Je comprends parfaitement l’émoi suscité par les trop nombreux suicides dans les prisons françaises du fait de la surpopulation carcérale, et je n’ignore pas que vous soyez
contrainte de concentrer vos efforts sur certains sites.
Néanmoins, le nouveau centre pénitentiaire, promis en son temps par Albin CHALANDON, puis par Pierre BEDIER, projet déjà ancien et incontournable ne saurait être sacrifié et
différé de nouveau.
Je compte particulièrement sur votre bienveillant arbitrage pour revenir sur ce choix qui désespère les élus du sud Basse-Terre, mais surtout les surveillants et les détenus de
la maison d’arrêt de Basse-Terre.
J’aurai souhaité que vous puissiez au moins me confirmer que votre volonté reste intacte de doter la Basse-Terre d’un nouveau centre pénitentiaire au delà du plan de relance immobilier de votre
ministère.
Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.
Le Président du Conseil Régional
Député de la Guadeloupe
Victorin LUREL