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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 01:12
HOME, DE YANN ARTHUS-BERTRAND


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André-Jean Vidal
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 00:57
ENVOI D'UN AMI QUI A DU FAIRE LE TOUR DES SITES

Ce n'est pas inintéressant...


16.06.2009 CARIB CREOLE ONE : http://www.caribcreole1.com <http://www.caribcreole1.com> 
EDITO
M. Le Président de la France,nous ne serons plus des zombis
Par Danik Ibrahim Zandwonis
Vous imaginez la photo ? Sarkozy, a peine revenu des obsèques chahutées d’Omar Bongo, d’un congrès de Versailles boycotté ; le voilà qui serre la main d’Elie Domota ! La photo du siècle. La presse française aux anges… Eh bien, non Ce ne sera pas pour cette fois Monsieur le Président de la France - et - des dernières colonies françaises des Caraïbes.
Le LKP qui depuis Janvier 2009,dénonce les faits et les méfaits de la politique coloniale en Guadeloupe, entretient un lourd contentieux avec l’État Français.

Les 44 jours de mobilisation n’ont pas suffi pour faire cesser les pwofitasyon,.En réalité le LKP a simplement permis de focaliser l’attention des larges masses populaires sur une situation qui perdurait depuis si longtemps, qu’elle était devenue comme «  normale » .
 
Au fil des années, les prix flambaient, les profiteurs s’enrichissaient et hormis, les organisations syndicales combatives, et quelques groupes politiques anti-colonialistes, mais plutôt exsangues, à force de n’être pas audibles, il ne se passait plus grand chose.
 
Le colonialisme, ou pour faire moderne, le post-colonialisme, était à des degrés divers" accepté." Les grandes luttes des années 7O, menées après la création des syndicats paysans (UTA, UPG, UGTG) étaient déjà presque totalement oubliées...
les années de feu, ? quasiment jetées aux orties.
Et pourtant au mitan des années 80, le Groupe Guadeloupéen de Libération Armée (le GLA) organisation clandestine revendiqua quelques dizaines « d’attentats » sur tout le territoire de la Guadeloupe et même à Paris.
Qui se souvient encore que ce même GLA avait lancé un ultimatum aux français-résidents, leur ordonnant de quitter la Guadeloupe avant le 31 décembre 1980 ? C’est loin…

3 années plus tard, pourtant, une autre organisation clandestine politico-militaire «  appelée Alliance Révolutionnaire Caraïbe »(ARC) se signalait dans les dernières colonies, par une vigoureuse campagne d’attentats, dont ceux de la Préfecture de Basse Terre, de nombreux dégâts et blessés, la destruction totale des studios de Radio Caraïbes Internationale (RCI), des hôtels, des bâtiments publics... 30 ans après tout cela était comme oublié. Même les émeutes de mai 67 et le lourd bilan humain s’enfouissait dans les profondeurs du temps et de l’oubli. Guadeloupe et Guadeloupéens, comme assoupis, anesthésiés, alzeimerisés, sous la torpeur coloniale. Certains disaient même que les guadeloupéens étaient dans une posture de zombis.

LKP a donc réveillé, les morts vivants, avec des mots vivants : Pwofitasyon, Gwadloup sé tan nou, Gwadloupéyen doubout, wouvé zyé a zot... les mots ont eu leur effet thérapeutique. Le pays qui des années depuis, désespérait les plus optimistes, comme un poing fermé s’est dressé à la face des profiteurs. La Guadeloupe, de la guerre anti-esclavagiste de mai I802, de l’insurrection d’octobre 180I, la Guadeloupe, qui a exporté sa révolution avortée en Haïti, s’est subitement réveillée. LKP aura été le détonateur.

I00 jours après, oui , il y a eu quelques avancées, des foyers de luttes syndicales s’allument ici ou là, des accords sont signés, près de 50.000 travailleurs ont bénéficié des 200 euros. Oui, mais la course effrénée des caddies a repris, petit a petit dans les hypermarchés du groupe Hayot.
Le marché intérieur, ne s’est toujours pas encore développé, on ne change pas profondément un pays si durablement atteint de consumérisme aigu; en 44 jours.
 
Le combat du LKP, tout héroïque et exemplaire qu’il fut , n’est pas une « révolution ». C’est sans aucun doute le début de quelque chose. Chacun le perçoit. Le peuple guadeloupéen, les syndicats, les hommes politiques... surtout eux.

On aura beau tourner et virer dans tous les sens, le LKP est condamné à continuer. Rares sont ceux qui à l’extérieur , qui à l’intérieur ne le disent pas. Mais il est bien de parler, de disserter, de langanner, mais quand on a une responsabilité historique aussi énorme, il faut éviter de se tromper. Le LKP n’a pas le droit à l’erreur. On voudrait que ce soit ça la réalité. mais aucune avancée notable ne se fait, dans aucun mouvement social, sans une marge d’erreur.
 
Ni Domota, ni Nomertin, ne sont des dieux, le LKP peut se planter, faire des mauvais choix, sous estimer tel facteur, négliger un aspect. Il faut qu’on le sache, ces hommes et ces femmes, militants, qui se donnent avec autant d’énergie pour leur pays, pour leur peuple, restent de simples humains.

Ils n’ont aucune science infuse. Il ne faut pas que les guadeloupéens deviennent les néo assistés du LKPisme.
 
Le LKP n’a pas de solution toute faite, un modèle expérimenté hors de nos murs et qu’il suffirait de copier- collé... Qu’ on se le dise, nous devons TOUT inventer et chaque jour.
 
Le refus d’aller serrer la main de Sarkozy, de se rendre au Congres le 24 juin, ou de participer aux États Généraux ;sont des actes éminemment politiques, ils sont la traduction d’un choix...
 
Globalement le peuple guadeloupéen, entend,comprend, accepte... mais outre la baisse des prix, il attend déjà autre chose du LKP.
Des choix politiques? mais est ce là sa mission? le LKP ne sera jamais , nous le pensons , une entité politique monolithique.
 
Mais nous sommes à quelques longueurs des Régionales, le LKP , mais surtout les organisations politiques qui hibernent en son sein, se doivent de se réveiller ; de trouver une voie originale et d'impulser un tempo.
A chacun sa part.
 
Jego disait en début de semaine, la Guadeloupe est aujourd’hui ,calme Sarkozy peut enfin venir… c’est vrai ça?
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16.06.2009 France Antilles Guadeloupe
Elie Domota, porte-parole du Liyannaj kont pwofitasyon (LKP) : « Il faut radicalement CHANGER LE SYSTÈME
Propos recueillis par Martin T. LAVENTURE



Elie Domota est amer. Il en veut à l'État qu'il accuse de fouler au pied le protocole d'accord de fin de conflit du 4 mars. Le leader du LKP se rend bien compte que le « liyannaj » n'a pas gagné tant que ça. Des points bloquent : les prix des produits de première nécessité, les tarifs bancaires et, surtout, l'accord Bino. Le Smic guadeloupéen à 1 500 euros ne passe pas. Le gouvernement a taclé la clause de convertibilité et a opté pour le versement de sa part pendant trois ans. Autant de sujets qui fâchent et qui font dire au porte-parole du LKP - lequel par ailleurs ne reconnaît aucune responsabilité du blocage de 44 jours dans la situation économique catastrophique du pays - que « de toutes les façons, dans les mois qui viennent, il y a aura encore un gros mouvement »
Trois mois après la fin de la grève générale du LKP, l'impression « d'engourdissement » prévaut dans ce pays. Quelle est votre vision de la situation actuelle ?
Je pense que la Guadeloupe sera « engourdie » encore pour un bon moment. Pourquoi ? On constate que l'accord du 4 mars est bafoué : les frais bancaires n'ont pas changé. Idem pour le prix du pain. Quant aux produits de première nécessité, sur lesquels il fallait appliquer une baisse, ils ont disparu des rayons... De nombreux points du protocole de fin de conflit de mars sont foulés au pied. Pire, l'État a décidé de torpiller l'accord Bino.
En effet, le gouvernement fait du RSTA une prestation banale, alors que c'est un revenu que nous avons gagné, aussi bien pour la Guadeloupe que pour le reste des Dom... C'est une prestation qui entre dans le cadre des 200 euros comme étant un complément de revenu. L'État veut transformer ce revenu en allocation. L'objectif du gouvernement est clair : supprimer l'accord salarial en Guadeloupe réalisé avec les partenaires sociaux, lequel instaurait un Smic à 1500 euros.
De toutes les façons, dans les mois à venir, il y a aura encore un gros mouvement, parce que nous n'accepterons pas la remise en cause de l'accord et des autres points acquis.

Des rumeurs font état de troubles à la rentrée prochaine. Pensez-vous que l'on peut courir le risque d'amputer une deuxième année scolaire dans ce département ?
J'ai connu les évacuations de la Soufrière en 1976, avec les manifestations contre le CPE, la France a connu le blocage de l'école pendant trois mois, il n'y a d'ailleurs pas eu de rattrapage... Alors poser le problème de l'échec comme étant la conséquence des grèves de janvier à mars, ce n'est pas dire la vérité. Plusieurs professeurs ont fait le rattrapage, d'autres ont refusé, mais les élèves seront certainement dans de bonnes conditions pour aborder les examens.

Est-il raisonnable de sacrifier une génération d'élèves ?
C'est joué d'avance. Quels que soit les résultats aux examens, ce sera la faute du LKP. S'il y a un fort taux de réussite, on dira que les examens ont été bradés. On a fait cadeau des diplômes. Si l'échec est important, on dira que c'est à cause des 44 jours de grève. Nous ne sacrifions personne. Il faut arrêter pareil discours et voir l'avenir avec beaucoup plus d'audace et de responsabilité.
Aujourd'hui, nous sommes en passe de construire une nouvelle Guadeloupe avec les jeunes du pays. Dans cette situation de morosité commerciale, que chacun prenne ses responsabilités. À voir la manière dont les choses évoluent, il est indéniable que l'on va vers un nouveau conflit de grande ampleur.

Dépôts de bilan par vagues, fermetures d'hôtels, des milliers de chômeurs en plus dans les registres de Pôle Emploi en mars et avril, vous estimez tout de même que le mouvement du LKP n'y est pour rien ?
Tout à fait. Les fermetures d'hôtels ? Elles sont stratégiques et politiques pour exiger de l'État de l'argent supplémentaire et casser le moral des travailleurs. Les chaînes hôtelières, Club Med, Manganao, Pierre et Vacances, sont ouvertes en Martinique, alors qu'ici elles ont fermé leurs portes parce que nous demandons la pleine et entière application de toutes les dispositions de l'accord Bino et notamment la clause de convertibilité qui garantit la poursuite du paiement des 200 euros au- delà des trois ans...
85% des enveloppes attribuées à l'hôtellerie traversent l'île pour aller dans la poche des actionnaires disséminés un peu partout dans le monde. Le tourisme tel qu'il est pratiqué en Guadeloupe n'est pas propre à développer le pays, mais à enrichir ceux qui font de la défiscalisation.
Concernant l'emploi. Je suis désolé, mais ce ne sont pas 44 jours de grève qui vont pour autant augmenter le chômage dans un pays qui a déjà 40% de chômeurs. Aujourd'hui, le choix qui est fait par l'État et les patrons européens en Guadeloupe de ne pas embaucher les Guadeloupéens est discutable. La Guadeloupe est un cimetière de jeunes diplômés. Nous n'avons rien contre personne, mais nous disons qu'il faut utiliser les diplômés et les compétences locales en priorité.

Quid de l'industrie sucrière ?
L'usine Gardel dit qu'elle a perdu 10 millions d'euros. Or, nous constatons que cette société est en bonne place des entreprises dans la liste de celles qui bénéficient de fonds de l'Union européenne. En clair, Gardel fonctionne avec les fonds publics, l'Europe, l'Etat, les collectivités locales. Qu'on arrête de pleurer... L'industrie sucrière en Guadeloupe est une pompe à fric destinée à enrichir les actionnaires et non à développer ce département. Si on nous dit que 44 jours de grève ébranlent une telle économie, je dis qu'il faut réfléchir pour passer à autre chose et faire en sorte que le développement de la Guadeloupe serve en priorité les Guadeloupéens.

On ne vous a pas beaucoup entendu parler des devoirs des travailleurs, qu'en est-il ?
Les gens qui parlent de devoirs des travailleurs sont les premiers à ne pas appliquer le droit. À la chambre de commerce, en conflit avec les pompiers, la présidente a toujours dit qu'elle ne leur doit rien. Aujourd'hui, c'est entre 25 000 et 35 000 euros d'indemnisation qu'elle va verser à chaque pompier, après six mois de grève. Et les exemples sont légions. 80% des conflits en Guadeloupe relèvent du non-respect des dispositions légales et conventionnelles. Ce qui veut dire que l'État et les patrons ne respectent pas les règles du jeu écrit dans le Code du travail. Après, on vient nous parler de droit des travailleurs ? Il y a des patrons qui respectent le droit, mais malheureusement, il y en a encore qui le bafouent et ne font même pas le strict minimum. C'est contre ceux-là que nous nous battons.

Néanmoins, avez-vous conscience que, dans un tel contexte, personne n'a plus envie d'investir en Guadeloupe ?
Quel investissement ? Tout ce qui est investi ne reste pas ici. m Nous disons que si l'on veut vraiment développer la Guadeloupe, insistons sur la production locale, l'agrotransformation. Faire en sorte que l'argent qui entre reste ici et enrichisse les Guadeloupéens, développe l'économie et l'emploi.
Le constat : il se construit à présent de nombreux bâtiments destinés à accueillir des activités dans l'import distribution. Il s'agit de faire de ce département une économie d'importation et être à la disposition de L'Europe pour écouler son surplus de production. Le projet à Jarry de port en eaux profondes va tout à fait dans ce sens : une plaque tournante du commerce dans la Caraïbe. Tout est fait pour que la Guadeloupe reste à jamais une colonie de consommation. Or, on sait que le développement de l'emploi, c'est la production.

Si vous aviez les pouvoirs politiques qu'auriez-vous fait à la place de ceux que vous voulez brûler aujourd'hui ?
Beaucoup ont essayé de voir ce qu'ils peuvent faire de ce système. Nous nous pensons qu'il faut radicalement changer le système. Pour ce faire, il faut consulter les Guadeloupéens pour savoir ce que chacun de nous veut.

Concrètement ça veut dire quoi ? Que proposez-vous ?
Je ne vais pas faire de proposition ici. Trop souvent, chacun vient avec une proposition et dit au peuple « voilà ce qu'il faut faire » et ça ne marche pas. On n'a pas besoin de débats stériles d'experts. Il faut demander à chacun ce qu'il a envie et traduire les résultats en actions que l'on présenterait à l'État.

C'est précisément la philosophie des états généraux, pour lesquels vous avez appelé au boycott, et du Congrès des élus ?
Peut-être... Mais j'ai lu le document du conseil général, je ne comprends pas ce qu'ils veulent faire. Le congrès ressemble à des états généraux bis. La France a déjà fait la Stracom (Stratégie de développement de l'Outre-mer) et a voté des budgets. Aujourd'hui, pour recueillir l'adhésion populaire, il l'a renommé « états généraux » , pour faire croire que tout le monde est consulté. Chacun prépare les élections. Gillot fait son congrès-états généraux, Lurel fait ses Assises territoriales. Tout le monde fait son « bitin » . Des projets concurrents qui entrent dans le même cadre défini par l'État français duquel personne ne peut sortir. Ou ka fè sa y di ou fè! Je ne pense pas que c'est ainsi que les Guadeloupéens voient le devenir de leur pays.

Participerez-vous au Congrès des élus, la semaine prochaine ?
Nous ne sommes pas au courant de cette organisation.

Le président Nicolas Sarkozy devrait séjourner dans notre département la semaine prochaine. Il aurait prévu de vous rencontrer. Qu'en pensez-vous ?
Pour l'instant nous ne sommes pas au courant. Mais si Sarkozy rencontre le LKP, nous dirons que c'est dans la logique des choses, puisqu'en France il reçoit tous les mouvements syndicaux et les personnes qui revendiquent. Ce serait logique qu'il nous reçoive.
Nombreux commentaires internautes : http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/economie-consommation/elie-domota-porte-parole-du-liyannaj-kont-pwofitasyon-lkp-il-faut-radicalement-changer-le-systeme-16-06-2009-38264.php

17.06.2009 France Antilles Guadeloupe / http://www.guadeloupe.franceantilles.fr <http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/> 
Lundi 22, grève à l'appel de la CGTG
A.-J. V.


Lundi 22, la CGTG, moteur du LKP (mais les autres feront sans doute de même au fil des jours, pour faire monter la pression) veut lancer une journée de grève de 24 heures reconductible.

Le préavis a été adressé au préfet Desforges, aux présidents des assemblées, MM. Lurel et Gillot, aux maires, au directeur de l'ARH (santé), aux directeurs de La Poste, de France Télécom, de l'Aviation civile, d'EDF, de la CTM, de Diesel Export (centrale électrique privée), au PAG et à la générale des eaux.
 
La CGTG veut, outre l'application de l'accord Bino, la revalorisation des minimas sociaux, la titularisation de tous les précaires publics et privés, la priorité à l'embauche pour les Guadeloupéens, le reversement des sommes « abusivement » perçues par la Sara, la restitution par le Sara des trois millions d'euros versés par l'Etat et les collectivités, le maintien de tous les emplois dans les hôtels, etc.
 
17.06.2009 France Antilles Guadeloupe
Les syndicats LKP lancent une semaine de mobilisation
L'annonce, par un communiqué de la CGTG, d'une grève de 24 heures reconductible à partir de lundi, avait mis la puce à l'oreille. Ce matin, Max Evariste, secrétaire général de FO, a enfoncé le clou lors d'une conférence de presse des délégués syndicaux de la CGRR.
L'annonce, par un communiqué de la CGTG, d'une grève de 24 heures reconductible à partir de lundi, avait mis la puce à l'oreille. Ce matin, Max Evariste, secrétaire général de FO, a enfoncé le clou lors d'une conférence de presse des délégués syndicaux de la CGRR : les syndicats membres du LKP lancent une nouvelle semaine d'action, à partir de lundi, avec, en point d'orgue, un vaste défilé à Pointe-à-Pitre le samedi. Rappelons que Nicolas Sarkozy, président de la République, arrive — normalement — le 26…
Chaque jour, la mobilisation sera axée sur un des dossiers toujours en cours. Au programme, d'après Max Evariste :
Lundi 22 : distribution de tracts à Pointe-à-Pitre et Jarry, puis mobilisation devant Pôle emploi (Jarry), dont le directeur, Patrick Dumirier, reçoit les contrats aidés.
Mardi : mobilisation autour du conflit des chantiers Audebert.
Mercredi : distribution de tracts à Basse-Terre lors du Congrès des élus. Jeudi : mobilisation autour de la CGRR.
 
Vendredi : mobilisation autour de l'ASFO.

Samedi : manifestation à Pointe-à-Pitre.
Et le Bac dans tout ça ? « Nous mettrons tout en œuvre pour permettre aux élèves d'aller à l'examen », affirme M. Evariste.
 
 
17.06.2009 France Antilles Guadeloupe
Réservé aux abonnés
INDISCRETIONS
Nicolas
On recherche 6000 invités - culturel, social, économique, etc. - pour écouter le discours de Nicolas Sarkozy, sans doute le 26 juin. Pour cela, il faudrait trouver un lieu adéquat : un stade, un gymnase, mais lequel sera assez vaste pour accueillir tout ce monde ? Sans compter que pour des mesures de sécurité, un lieu dit peut être changé le jour même.
 <http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/politique/indiscretions-17-06-2009-38382.php>

16.06.2009 CARIB CREOLE ONE : http://www.caribcreole1.com <http://www.caribcreole1.com/> 
 
POINTE-A-PITRE - ECONOMIE
LA MANIPULATION MEDIATICO-ECONOMIQUE
Par Jean Paul Eluther*
 *économiste, militant LKP

GUADELOUPE. Pointe à Pitre Mercredi 16 juin 09 caribcreole.com Depuis quelques semaines les médias avec la complicité du pouvoir multiplient des nouvelles alarmantes pour favoriser le rejet par l’opinion de LKP. Jean Paul Eluther , économiste analyse a la situation.
Par exemple deux journalistes de France Antilles annoncaient dans leur journal et sur le net : « Trois mois après la fin de la crise sociale historique qui a frappé la Guadeloupe pendant quarante-quatre jours, l’île se relève difficilement».« On vit une drôle de période », observe ce chef d’entreprise de Jarry, qui dirige une PME spécialisée dans les installations de télécommunications. « Les commandes sont figées et beaucoup sont comme moi, sur le qui-vive. »Toute rumeur fondée ou infondée sur la reprise d’un mouvement de grève générale sème automatiquement la panique. « Les annonceurs ont vite fait de faire sauter la pub », se plaint cette responsable d’une radio privée.

En Guadeloupe, la crise n’est pas vraiment passée. Le pays vit encore sur les états d’âme du LKP. Le Liyannaj, il est vrai, n’a jamais lâché la pression.
En tête de ses revendications, l’application de l’accord Bino, qui prévoit le versement de 200 euros supplémentaires pour les bas salaires (1 à 1,4 Smic).Toutes les entreprises n’ont pas signé, ou celles qui l’ont fait refusent la convertibilité de cette somme quand, après trois ans, l’Etat cessera d’apporter son aide de 100 euros.
Alors, la mobilisation est tous azimuts dans une bonne dizaine d’entreprises. A Orange Caraïbe, par exemple, leader de la téléphonie mobile locale, les agents ont campé nuit et jour devant les bureaux depuis près de deux mois, avant d’obtenir un accord à l’arraché ; il en est de même à la chambre d’agriculture où les salariés grévistes ont promis de bloquer toute la filière agricole…Pendant ce temps, le tribunal de commerce continue de siéger.

Les liquidations de sociétés se poursuivent. Bien sûr, elles ne sont pas toutes liées au conflit qui a duré du 20 janvier au 4 mars dernier, mais dans son audience de jeudi, sur les 16 liquidations, cinq étaient directement liées à la grève générale de quarante-quatre jours."Il faut mettre ces liquidations en parallèle avec le nombre de demandeurs d’emploi en plus, estimé à environ 6.000, également avec les sociétés en redressement ", considère Willy Angèle, le patron du Medef Guadeloupe, qui note une baisse importante des offres d’emploi. « Il n’était pas besoin d’agir ainsi pour faire avancer les choses », regrette encore M. Angèle.
C’est une conséquence à laquelle peu de monde s’attendait. Après avoir obtenu la baisse immédiate du prix de 1.400 produits de première nécessité, les Guadeloupéens ne pensaient pas que certains d’entre eux seraient rapidement introuvables .Dans un supermarché de Pointe-à-Pitre, les étagères des yaourts estampillés « prix LKP » sont vides. « Rupture de stock », explique furtivement un employé. Et pourtant, juste à côté, les laitages de grandes marques abondent. « C’est la dernière technique qu’ont trouvée les grandes surfaces pour couillonner les gens, poursuit Micheline ». Aucune explication n’est donnée sur les relations entre certaines données et la politique mise en place par les autorités françaises qui se sont arrogées le droit de nous diriger malgré les dispositions du droit international.
Ces soit disant données sont curieuses .

En effet il n’y a pas de données récentes hormis quelques statistiques monétaires car la plupart des administrations ont été fermées .Par ailleurs s’agissant des liquidations c’est surtout la conséquence de la volonté des procureurs de la république de ne pas se mêler d’une affaire dont ils sont les maitres .Les guadeloupéens demandent que cette loi soit abrogée.Plus généralement la morosité de nos compatriotes est surtout la conséquence d’une politique qui vise à punir et à assister et non à développer .
Nous continuons de penser qu’il faut une relance massive de l’activité économique qui doit être menée avec une prise de contrôle de notre économie avec nos ressources , une protection de notre marché et le passage d’une économie de supermarché à une économie de production.En tout cas cette composante de l’action française est criminelle et indigne d’un pays qui se veut respectable.
 
17.06.2009 CARIB CREOLE ONE : http://www.caribcreole1.com <http://www.caribcreole1.com/> 
GOSIER - ECONOMIE
L’analyse économique de l’accord BINO et du protocole du 4 mars
Par Eric Edinval*

GUADELOUPE. Gosier Mercredi 17 juin 09. Caribcreole.com.Le texte qui suit est une communication faite dans le cadre du CAGI par ’Eric Edinval  ancien professeur d’économie à l’Université Antilles Guyane (UAG) ,membre de la direction nationale de l’UPLG..Il propose ici, une lecture de l ‘accord Jacques Bino du protocole du 4 mars signé, à la fin du mouvment social qui avait débuté en Janvier 2009

Un économiste n’est pas neutre, on appartient tous à des écoles. Alors, n’attendez pas de moi que je dise, celui là a raison ou celui ci a tort... Je pars conscient de que ce que je vais dire, de ce que je vais défendre comme idée ; tout simplement parce que je vais utiliser comme économiste des outils d’analyse dont je dispose, je vais aussi utiliser des catégories économiques que l’on connait et qui sont universelles. Et à partir de cela, essayer de comprendre ce qui s’est passé pendant ces 44 jours.

Lorsque je traite de l’analyse économique des accords BINO <http://ugtg.org/mot_137.html> , je dois dire qu’en fait le mot d’ordre a pour point de départ la question du niveau de vie, du pouvoir d’achat. Toutes les composantes sociales vont être présentes aux rendez-vous du LKP. La Guadeloupe va alors révéler au monde toute l’étendue du désastre économique né d’un système colonial qui a survécu sous des masques et des avatars divers simulant l’abondance dans un entourage dit sous développé.

Une longue liste de revendications devant aboutir au bien être d’une population qui refuse les inégalités dans l’emploi, les inégalités de salaires, les inégalités dans la satisfaction des besoins à court terme et à moyen terme... voilà ce que va être le programme du LKP. C’est à dire que ce programme va s’échelonner pendant des périodes relativement longues pas seulement pendant les principales revendications que nous allons exposer.

L’accord Jacques BINO <http://ugtg.org/mot_137.html>  qualifie la situation économique et sociale en termes non équivoques : « considérant que ma situation économique et sociale résulte de la pérennisation du modèle économique de l’économie de plantation ». Voilà, le mot était lancé : Economie de plantation.
Et lorsque les patrons du MEDEF et de la CGPME vont [refuser de] signer, ils vont dire que traiter l’économie guadeloupéenne d’économie de plantation est une véritable hérésie. Pourquoi ? Parce que dans la presse française - moi je dis bien la presse française, et non la presse nationale - il a été précisé qu’« économie de plantation » cela voulait dire que c’est une économie esclavagiste ; alors que ce n’est pas le cas.

L’économie de plantation a été définie par des économistes de l’université des West Indies - particulièrement par Lloyd BEST [1] . Et il y a eu de longues analyses, de longs développements sur ce concept d’économie de plantation que toute la Caraïbe connait et que toute la Caraïbe emploie pour expliquer ce qu’étaient les sociétés dans lesquelles elles ont vécu - les sociétés coloniales - et ce qu’elles sont devenues quand elles ont été transformé dans des économies telles que celles qui existent à l’heure actuelle dans le reste de la Caraïbe.

Or ce considérant sur la situation économique et sociale va articuler tout le reste du préambule. Les autres considérants [constituant] l’évolution successive des étapes à franchir pour qu’on puisse finalement arriver au dernier paragraphe : « Considérant que les parties conviennent à ce titre de la nécessité d’une revalorisation substantielle du pouvoir d’achat par un relèvement des bas salaires selon les modalités suivantes »... Et, « considérant la nécessité de faire tomber tous ces obstacles en instaurant un ordre économique nouveau prônant une revalorisation du travail de chacun, chefs d’entreprise et salarié ; et promouvant de nouveaux rapports sociaux ».

Pourquoi ce préambule est-il si important ?

Parce qu’il explique toute la démarche économique de ce qui s’est passé, et la démarche économique du LKP. [...]
Je vais d’abord expliquer ce contexte économique - ce qui nous pousse à penser que nous sommes encore en économie de plantation & en économie coloniale. Ensuite, ces accords obtenus, qu’ont t-ils pu faire avancer, dans la résolution d’obstacles. Et enfin, quelles sont peut-être les pistes à venir pour que cette économie puisse évoluer - comme cela est dit - vers un ordre économique nouveau.

On peut identifier l’économie guadeloupéenne par son histoire. Cette histoire économique est relativement importante. On identifie trois passages.

Le passage d’abord de l’esclavage au salariat. Ce premier passage va modifier les premiers rapports sociaux. Il faut bien comprendre que ces rapports sociaux de l’esclavage sont des rapports de mort. Parce que le maître va exploiter l’esclave jusqu’à sa mort. Et l’esclave lui-même ne souhaite que la mort du maître, pour qu’il puisse exister... Donc ce rapport de mort sera remplacé par le rapport d’exploitation capitaliste.

Les maîtres sont alors indemnisés de la perte de leurs esclaves ; et vont alors subir la concurrence des industries venues de France pour créer un système d’usine centrale & de production de canne à sucre. C’est à dire que dans le même temps où l’esclavage est aboli, la France, elle, évolue vers un capitalisme moderne, industriel. Et bien sur, il y a toujours eu ce décalage entre les colonies et la métropole, qui fera que ce sont des usines à sucre qui vont prendre la place des anciens possesseurs d’esclaves. Les moyens de production sont donc possédées non seulement par les anciens esclavagistes qui gardent une partie des terres à canne, mais aussi par des industriels actionnaires de sociétés capitalistes. Le rapport de classe va alors se confondre avec le rapport de race. C’est ça la particularité de cette première période.

La fin de l’économie sucrière, nous pouvons la noter vers les années 60. C’est la fin du rapport entre l’usine qui monopolise la production de canne - l’usine est le premier monopoleur de la société guadeloupéenne - et tous les petits paysans possédant des terres dont la surface est comprise entre 0 et 5 hectares. La fin de l’économie sucrière, correspond à la fin de ce rapport entre monopoles sucriers et ouvriers d’usine. Mais tout en participant à l’épanouissement en France d’une société européenne, tout en participant à l’ouverture vers un libéralisme de plus en plus effréné, la Guadeloupe reste quand même dominée par une espèce de dépendance liée au fait que les békés - ou les blancs créoles - possédant les terres à sucre vont devenir principalement les importateurs-exportateurs. Et de cette société sucrière la Guadeloupe deviendra une société de consommation. Celle-ci va dominer jusqu’à nos jours et perpétuer les structures de l’économie de plantation.

Qu’est ce que ces que ces structures de l’économie de plantation ?

C’est le fait qu’il y ait une production dominante. Et cette production dominante va faire que toute la production locale, celle - nécessaire - qui sert à nourrir le pays, va dépendre de cette production dominante. Non seulement pour le temps de travail des travailleurs ; mais aussi pour la quantité de paysans qui vont pouvoir travailler au niveau de ces terres qu’ils ne possèdent pas, puisqu’ils ne possèdent que des terres marginales.

La structure de l’économie de plantation, c’est aussi le fait que les prix sont déterminés par l’extérieur. Comme il n’y a pas de production interne et que les produits consommés sont largement importés, tout ce qui est importé va être le prix fixé, généralisé au niveau de toute la société guadeloupéenne. Je donne souvent l’exemple d’une personne qui va vendre ses vivres - des ignames - au marché. Elle va fixer le prix de ses ignames par rapport à son coût de production, bien sur, mais aussi par rapport à ce dont elle aura besoin, après. La production importée lui servira alors à fixer le prix de ses marchandises. Troisième caractéristique de l’économie de plantation : c’est une économie extravertie. On importe beaucoup, on exporte peu. Le taux de couverture des importations par les exportations est de 6%. La Guadeloupe ne produit que 6% de ce qu’elle achète à l’extérieur. L’extraversion vient du fait que la Guadeloupe dépend de l’extérieur.

L’économie de plantation c’était cela et les structures de cette économie de plantation ont perduré jusqu’à nos jours dans une société qui reste profondément dépendante de l’extérieur qui peut aussi être analysée comme étant une structure coloniale d’une économie qui a connu ses grandes heures de gloire pendant la période esclavagiste, mais qui maintenant s’effondre. L’effondrement c’est le fait que ce type de structure ne tient plus à l’intérieur du carcan colonial et qu’il fallait le faire éclater.

La première revendication a donc été une revendication sur le pouvoir d’achat.

Revendication présentée comme la nécessité d’un partage équitable de ce que ce pays produit. Il s’agit du problème bien connu des économistes, celui non seulement du partage de la richesse, mais au delà celui qui est lié au fait que le monopole qui existe dans un pays s’organise de telle manière que les prix soient fixés non pas seulement par le niveau de production mais aussi par le monopoleur, pour qu’il en tire le maximum de profit. Et c’est ce profit qu’il devrait partager.

D’autre part il s’agit d’un autre problème également bien connu, c’est celui de la relance par la demande. C’est à dire d’une relance de l’économie fondée sur une augmentation des salaires de telle manière que ces salaires puissent générer d’autres productions qui seront achetées. Le problème qui se pose en Guadeloupe vis à vis de cette augmentation par les salaires c’est justement que l’on a connu déjà cet exemple là. Lorsque les fonctionnaires ont eu les 40% d’augmentation de salaires, cela a contribué à augmenter les importations. Il fallait donc veiller à ce que ces 200 euro supplémentaires ne soient un moyen de faire augmenter les importations. Et c’est la que l’intelligence de ceux qui ont réalisé la plate-forme est tout à fait remarquable ; parce qu’ils ont automatiquement couplé cette augmentation de salaires avec une baisse des prix. Et cette baisse des prix permet alors non seulement d’éviter une inflation - c’est à dire qu’une augmentation des salaires appelle une hausse de la consommation, appelle à nouveau une hausse des prix - mais constitue également un moyen pour le guadeloupéen d’avoir sa part dans la production de richesse tout en achetant moins cher.

Enfin, il a été répété que les achats soient des achats de la production locale, plutôt que des achats de la production locale. Mais alors qu’est ce que cette production locale ? Ce n’est pas seulement de la production vivrière, mais c’est aussi le fait, lorsqu’il vous faut réparer votre voiture, d’aller chez un garagiste local plutôt que d’aller chez Peugeot ou dans telle autre maison. C’est aussi toujours le fait d’employer tout ce qui peut l’être à l’intérieur de notre production, de façon à ce que celle-ci puisse augmenter. C’est ne pas céder aux caprices et aux vices de la surconsommation dans les supermarchés.

La deuxième chose qui apparait lorsque l’on lit la plate forme de revendications, c’est aussi la question des changements de rapports sociaux. La Guadeloupe s’est retrouvée aussi confrontée à ceux qui possédaient non pas uniquement comme des capitalistes, mais à ceux qui possédaient un véritable privilège. C’est à dire qu’à côté de ce qu’ils étaient capables de posséder par eux-mêmes, ils bénéficiaient de l’aide considérable de l’Etat pour maintenir leur puissance. Finalement, cette alliance des capitalistes et de l’Etat fondait l’existence d’une caste de privilégiés. Et c’est cette caste de privilégiés qui pesait considérablement sur l’économie guadeloupéenne. Rompre cette liaison entre l’Etat et cette caste de privilégiés, faire que la Guadeloupe puisse vouloir elle même pouvoir décider... C’est cela qui s’est produit. Comment ? En créant une nouvelle classe d’entrepreneurs guadeloupéens, de petits entrepreneurs guadeloupéens qui viennent alors s’introduire dans la négociation et qui vont faire que celle-ci réussira. Et écarter le MEDEF et la CGPME pour que la Guadeloupe puisse créer elle même ses propres cadres, ses propres entrepreneurs qui vont alors pouvoir négocier. On se trouve dans un rapport de classe totalement différent...

S’agit-il d’une révolution, comme on l’a vu dans l’histoire économique, prise au sens d’une modification des rapports sociaux ?

Révolution car, on constate que ce qui est demandé c’est une modification des rapports sociaux entre non seulement patrons et travailleurs mais entre les guadeloupéens et l’ancienne puissance coloniale française.

Deuxièmement, révolution car celle-ci désigne aussi la prise en compte d’une société qui est déterminée par tout ce qu’elle a de culturel. Ce qui fait que son histoire, à un moment donné est un carcan tel qu’elle souhaite en sortir. Une révolution n’est donc pas forcément une révolution marxiste, c’est à dire une révolution où les rapports sociaux sont tels, où les contradictions sont telles ... que l’on va passer à un autre mode de production.

Il s’agit là d’une révolution qui fait que la Guadeloupe peut échapper - je dis peut échapper - à tout ce qu’elle a connu comme vice dans son économie, comme empêchement au développement de son économie. Je dis révolution et non pas évolution ; pourquoi ? Parce qu’une révolution dans l’économie c’est aussi transformer l’économie de telle manière qu’elle soit au service du plus grand nombre, qu’elle puisse donner un bien être à la plus grande partie de la société.

Et je crois que si il y a quelque chose qui peut être réussi, si il y a quelque chose à rechercher, c’est cette révolution là, c’est cette manière de transformer pour que l’on puisse chanter alors très victorieusement : "La Gwadloup sé tannou".

Eric Edinval

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17.06.2009 CARIB CREOLE ONE : http://www.caribcreole1.com/ <http://www.caribcreole1.com/> 
LE MOULE - TRIBUNE DES DEBATS
Morale et Ethique en politique
Par Richard Poitou*
GUADELOUPE. Le Moule .Mardi 16 juin09. Caribcreole.Com. Apres avoir été membre du PCG où il a fait ses premières armes Richard Poitou, qui a depuis plus d’une décennie, rejoint les rangs du PPDG, est l’un de ces nombreux opposants à Gabrielle Louis Carabin Le texte qu’il nous soumet est une « réflexion »  qui se veut « philosophique » sur la politique ,telle qu’elle se vit dans la ville du Moule

Les agitations et contorsions politiques de notre Député- Maire du Moule, celles constatées lors des dernières élections municipales de certains élus (2) de la prétendue opposition municipale nous poussent à nous interroger sur la véritable signification de l’éthique et la morale en politique.

Deux termes très usités et si souvent employés comme synonymes, quand il s’agit de décrire le comportement de nos politiques.

La morale, qui concerne ce que l’on doit aux autres « Que dois-je faire ? », est en fait l’ensemble de nos devoirs, qui par référence aux dogmes sur le bien et le mal se veut universelle.

L’éthique (ou sagesse) répond quant à elle, à la question du « Comment vivre ? » et ne concerne que l’individu, dans son rapport avec lui-même, dans sa recherche individuelle du bonheur.

Rapportées à la politique, l’éthique et la morale génèrent un climat de suspicion comme quand il s’est agit de la religion ou de la culture et pire encore, quand il s’agit de la gestion de problèmes affairant à notre société ou à l’administration d’une collectivité.

Il est clair que certains évènements comme une élection municipale, une élection législative ou globalement une prise de pouvoir, bousculent les catégories de toutes intelligences et de toutes pensées, et conduisent bien souvent à la disjonction de la valeur et de l’être, quand on sait que les valeurs sont de simples évaluations particulières, issues de désirs tout aussi particuliers.

Machiavel, ce penseur émérite et grand génie du verbe définissait la politique comme étant tout les moyens pour parvenir au pouvoir et s’y maintenir coûte que coûte, que ce soit par la violence, la ruse, les mensonges ou les trahisons multiples.

Quand on sait que la morale est l’exigence de se conduire selon le respect ou le refus de certaines valeurs jugées absolues comme le bien et le mal, forcément, ce point de vue de Machiavel nous invite à la réflexion dans le choix même des hommes et des femmes politiques qui nous gouvernent.

Si la morale énonce des impératifs (commandements et interdictions) qui obligent l’homme, si sa conscience morale les reconnaît légitimes, cela introduit alors la notion du « devoir » qui dicte ce qui doit être (valeur, norme, idéal) et qui se distingue de ce qui est (le fait, le donné, la réalité).

Pourquoi sommes-nous arrivés aujourd’hui à se questionner sur la morale ou sur l’éthique de nos hommes et de nos femmes politiques… l’homme politique serait-il finalement un animal avant d’être un politique ? Platon s’en voudrait d’avoir tendu la perche.

Si théoriquement, nous parvenons à définir et cadrer ces notions diverses, seuls les faits, les agissements sur le terrain évoquent en nous ces conclusions.

Tout bon citoyen Moulien qui se respecte, s’il s’intéresse un tantinet à la politique municipale, se doit d’apprécier et de juger selon son propre entendement le comportement de ses représentants politiques.

S’il sent que le pouvoir confié à celui ou à celle en qui il a naguère reconnu une certaine légitimité, se transforme progressivement en une crainte tout aussi légitime, si ce pouvoir ignore la règle, les valeurs, on est donc en droit de penser que l’on s’approche dangereusement du négatif de la démocratie et de sa seule déviation, le totalitarisme.

(Beaucoup ici s’en sont inspirés : de Lucien Bernier à celles et ceux qui se réclament de lui, et se sont réjouis de l’éruption d’une stèle à son effigie).

Le passage de la morale (ce qui est bien ou mal) à l’éthique (ce qui est bon ou mauvais pour l’homme), finalement se fonde sur un processus sans fin et en même temps générateur d’acquis définitifs.

Mais après plusieurs siècles de laïcisation, on arrive à la conclusion que même Dieu ne répond plus au « Que dois-je faire ? ».

Si la foi ne relève plus de la communion sociale, s’il n’y a plus de lien entre les hommes, chacun devra se demander à lui-même ce qu’il doit faire et nourrir la préoccupation morale au moment même où l’on constate un certain déclin de la politique.

A qui la faute si ce n’est aux politiques eux-mêmes qui n’ont pas su contenir la foi et la croyance des hommes en des valeurs fondamentales.

Machiavel entrevoit une certaine disjonction de la morale et de la politique au bénéfice ... de la politique : la fameuse théorie du « vaut mieux perdre son âme que les élections ».

La politique aurait-elle ses raisons que la morale et l’éthique doivent ignorer ?

La politique ne serait-elle rien d’autre que ce qui sert à prendre le pouvoir et à le garder quitte à mentir pour faire passer un peu de vérité.
On serait en droit de le croire si on jette un simple coup d’œil vers le microcosme politique Moulien.

Peut-être est-ce là, la caractérisation de la pure recherche du bonheur individuel.

Où est donc cette morale collective, celle qui unit les individus d’un même groupe, un peuple, les citoyens d’une commune, justement sur la base de croyances communes ?

*Délégué communal PPDG du Moule


*Les textes, articles, contributions ,publiés dans la rubrique « Tribune des débats » sont une » fenêtre ouverte »à des contributeurs , mais ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la ligne éditoriale de la rédaction de Caribcreole.com
 
17.06.2009 FWIYAMIN : http://www.fwiyapin.fr <http://www.fwiyapin.fr/> 
Interview de Jean-Claude Malo <http://www.fwiyapin.fr/2009/06/interview-de-jean-claude-malo/>
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : Kam  <mailto:ticam971@hotmail.com>
ITW de Jean-Claude Malo

Maire de Bouillante
Ancien président de l’association des maires de Guadeloupe





FWIYAPIN: Nous sommes un jeune média, vous pouvez-nous rappeler vos débuts dans la sphère médiatique ?

Jean-Claude Malo: J’étais enseignant. En 1982, le mouvement patriotique par le biais de l’UPLG m’a demandé si je voulais être animateur d’une radio libre qu’il allait créer. J’ai accepté sans hésitation En juillet 1982, Radyo Tanbou <http://radyotanbou.net/>   commença  à émettre. D’animateur je suis devenu très rapidement journaliste de la radio sous le pseudonyme de Tino Marik. Je commençais d’ailleurs à être mal à l’aise dans l’éducation nationale ; j’ai donc pris la décision de devenir journaliste. J’ai pris des cours par correspondance et ai obtenu un certificat. En 1988, j’ai démissionné de Radyo Tanbou et j’ai été recruté par les responsables de la radio créée par Alfred Marie-Jeanne, Radyo Lévé Doubout Matinik (RLDM) en tant que rédacteur en chef formateur. J’ai quitté au mois de décembre. En mars 1989, je fus recruté à Sept Mag.



FWI: Ça a été facile de déchouker l’ancien maire Philippe Chaulet ?

JCM: En mars 1994, je me présentais pour la première fois à une élection et plus précisément aux élections cantonales. J’ai battu Philippe Chaulet au 2e tour. C’était l’évènement politique de l’année : un journaliste qui bat « un éléphant politique » pour sa première participation. En juin 1995, je fus battu dès le premier tour des élections municipales et j’ai du attendre 2008 pour remporter les municipales. Ce n’est jamais facile de déchouker un maire. Après mon élection les amis de Philippe Chaulet m’ont dit : « Chaulet pa janmé gannyé-w ! »



FWI : Pouvez-vous nous faire un état des lieux de la ville de Bouillante ? Quels sont ses atouts et ses faiblesses ?
JCM:  Bouillante se situe au cœur de la Côte sous le vent et a la particularité d’être un mini pôle administratif vu l’implantation dans le bourg du pôle emploi, de la CGSS, de la CAF, du GRETA et de trois distributeurs de billets. Elle abrite la seule usine géothermique de la Guadeloupe. La commune fait partie du cœur du parc. C’est une future destination touristique : plusieurs clubs de plongée sont présents ; elle peut encore développer des activités nautiques et touristiques. Le chômage des jeunes et des femmes est cependant important, près de 47%. La commune de Bouillante rencontre des difficultés financières importantes. La rigueur est donc de mise.



FWI : Comment étaient les Bouillantais durant le mouvement social initié par le LKP ?

JCM: Durant le mouvement initié par le LKP, la très grande majorité des Bouillantais était très attentive mais ils ne se sont pas vraiment manifestés. Seul le personnel communal s’est mobilisé régulièrement. Une manifestation silencieuse (à laquelle j’ai participé) en mémoire de Jacques Bino a été organisée par les agents ; la population était absente.



FWI: Pendant le mouvement social porté par le LKP, on vous a vu endosser le rôle du président de séance lors des négociations au WTC. Vous n’avez pas eu le succès médiatique de Domota, mais on vous sentait beaucoup plus à l’aise que les deux autres présidents Jacques Gillot et Victorin Lurel. C’est parce que vous n’étiez « que » président de l’Association des Maires de Guadeloupe ?

JCM: J’étais content au fond de moi-même du mouvement social car cela fait 38 ans que je milite pour que mon peuple se responsabilise. J’étais aussi mal à l’aise parce que je supportais très mal d’apparaître comme un élu « ennemi » du peuple d’autant que j’ai toujours affirmé que je viens du peuple, mon patron c’est le peuple et an pa ka obliyé la an soti.



FWI: Vous avez démissionné de l’association des maires pour laisser la place à René Noël, premier édile de la Désirade. Vous ne vouliez plus aller à l’Élysée entendre Sarkozy une fois par an ?

JCM: J’ai démissionné de l’Association des Maires pour être en accord avec ma conscience, pour être en vérité avec moi-même. Le reste n’a pas d’importance. Je ne veux pas paraître, je veux être. Je ne suis pas à la recherche de notoriété. Depuis l’âge de 20 ans, je me suis engagé et me suis mis au service de mon pays, de mon peuple…je veux servir en toute humilité. Je me situe sur les traces de tous ceux qui ont choisi de sacrifier leur vie pour leur peuple (Jésus Christ, Gandhi, Martin Luther King, Mandela et bien d’autres).



FWI: Il aura fallu le LKP pour vous rendre compte que vos divergences avec Lurel étaient trop fortes pour rester dans son giron et qu’il fallait rejoindre votre « famille naturelle » (je crois que ce sont vos mots) ? Lurel et Gillot c’était votre « famille adoptive » ?

JCM: Je suis de la Côte Sous le Vent. Lurel est mon voisin, un frère, un ami. Je me suis solidarisé de lui depuis 1997. Je le connais bien et il sait qui je suis. Il sait que nous ne partageons pas la même vision de la Guadeloupe. Nous travaillons ensemble au Conseil Régional, dans l’intérêt de la Guadeloupe. Quoi de plus logique ! Je me devais de l’accompagner même si nous ne partageons pas tout sur le plan politique. Quelquefois, il faut savoir faire taire ses divergences pour aller à l’essentiel. C’est ce que j’ai fait. Je ne le regrette pas car j’ai pu servir mon pays, mon peuple à travers les responsabilités qu’il m’a confié. Cependant le mouvement social a fait surgir nos différences. Quoi de plus normal que j’exprime les miennes ! Les intérêts de mon peuple m’invitent à ne pas donner la priorité aux intérêts personnels. Comprenez bien que je ne suis pas contre ou pour Lurel ; je suis pour mon pays. Chaque fois que l’occasion me sera donnée pour exprimer mes différences, je n’hésiterai pas une seconde. Lurel et Gillot sont des frères, des amis, ils le resteront quoi qu’il arrive.



FWI: Que pensez-vous des États Généraux organisés par le gouvernement français ?

JCM:  Je ne participe pas aux Etats Généraux. Le Gouvernement veut récupérer le mouvement social. La faiblesse des partis politiques laisse un vide que le Gouvernement veut s’approprier. Cependant, je pense qu’il est appréciable, qu’en toute liberté, ceux qui veulent participer, le fasse. J’attends les conclusions pour affiner mes propositions.



FWI: Qu’aviez-vous voté le 7 décembre 2003 ? Au niveau du calendrier électoral, vous pensez que les élections régionales de 2010 (ou 2011) vont survivre à l’hypothèse du changement de statut et de l’assemblée unique ? Vous vous présenterez à de futures élections autres que les municipales de Bouillante ?



JCM: Le 7 décembre 2003, j’ai voté non à la réforme parce qu’il n’y avait pas de vrai choix. Madame Girardin, Secrétaire d’Etat à l’outre mer avait déclaré 48 h avant la réforme : « Quel que soit votre vote, cela ne changerait rien !!! ». La question statutaire était éludée. Je suis militant d’un changement statutaire avec un contenu défini par le peuple guadeloupéen lui-même. Je profite pour dire que le Congrès qui sera organisé le 24 juin prochain me convient parfaitement. Il serait souhaitable qu’à partir de maintenant que la Guadeloupe persiste à rester dans une logique de changement statutaire. Les élections régionales nous donneront l’occasion de relancer la question. Les candidats devront dire clairement leurs options. Dans 9 mois, nous aurons des élections, je me ferai un devoir de donner ma vision du pays.



FWI : Quelle est, selon vous la prochaine étape pour la Guadeloupe, afin d’arrêter la pwofitasyon, et que les guadeloupéens puissent décider un peu plus de leur sort ?



JCM: Arrêter la « pwofitasyon » suppose que nous revoyons le système de fond en comble. En fait, construire autrement la Guadeloupe, sur d’autres bases en tenant compte de ce que nous sommes et de ce que nous voulons être. Il faut rompre les liens coloniaux, sortir de l’hypocrisie qui nous lie à la France pour des relations plus vraies, plus naturelles, plus sincères. Nous voulons être nous-mêmes pour vivre mieux avec les autres, notamment la France, l’Europe et les autres pays de la Caraïbe. Il faut donc persister à dire la vérité au peuple.


SUR CHIENS CREOLES : http://chien-creole.blogspot.com <http://chien-creole.blogspot.com/> 
La riposte des avocats <http://chien-creole.blogspot.com/2009/06/la-riposte-des-avocats.html> 

DEUX AVOCATS SE REBELLENT


« Nous n’irons pas à Paris » Cette phrase, qui en d’autres circonstances serait tout à fait anodine, constitue dans le cas présent, un véritable défi à un pouvoir qui semble utiliser la justice pour régler quelques comptes avec le LKP depuis la fin de la grève générale (voir la fin de l’article suivant http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/parallele-historique.html)
La jeune femme qui la prononce lors d'une conférence de presse, n’est autre que la jeune avocate du LKP, Sarah Aristide, dont l’engagement au côté de l’UGTG ou des sans-papiers haïtiens ne date pas d’hier. Elle et son confrère, Patrice Tacita, une des figures du LKP, représentant du groupe Akiyo, ont été convoqués à Paris, respectivement les 17 et 16 juin, afin d’être mis en examen.
 
 
1° « Deux avocats en mal de notoriété »
L’affaire a débuté après que les deux avocats ont déposé plainte, dénonçant le fait que leurs lignes téléphoniques avaient fait l’objet d’interceptions lors de conversations avec leurs clients en 2005 et 2006. Les 23 et 24 octobre 2008, ils se sont interrogés sur RFO sur le fait que personne ne semblait s’émouvoir de cette affaire à laquelle aucune suite sérieuse n’était donnée. Ils ont donc réitéré leurs accusations. Quant aux policiers mis en cause, ils avaient par la voix de leur supérieur, fait savoir qu’ils ne diraient rien sur cette affaire au parquet qui devait les auditionner. Loin de condamner cette attitude, c’est la sortie médiatique des deux avocats qui a déclenché les foudres du procureur, Jean-Michel Prêtre.
 
 
Il les a publiquement traités de menteurs, d’affabulateurs. Il n’a pas hésité à réduire leur exigence de respect des principes fondamentaux de la justice à un coup de pub orchestré par « deux avocats en mal de notoriété »… C’est dans ce contexte qu’une juge, madame Charloux, a, à son tour, porté plainte, cette fois contre nos deux avocats, estimant que sa probité de magistrat avait été mise en cause par leurs allégations dans cette affaire.
 
2° Dès le 22 février
Jean-Michel Prêtre a ouvert une information à une date qui n’a probablement rien de fortuite : il s’agit du 22 février 2009, deux jours à peine après le commencement de la grève générale initiée par le LKP. Déjà les deux jeunes avocats avaient fait savoir qu’ils défendraient ce mouvement. Curieuse coïncidence. Notons que par la suite, Sarah Aristide va devenir l’avocate de Jimmy Lautric, dans une affaire embarrassante pour le pouvoir comme Chien Créole l’a déjà dénoncé et peut-être liée au meurtre du syndicaliste Jacques Bino (voir l'article suivant http://chien-creole.blogspot.com/2009/04/contre-enquete.html). Autant dire que ces deux avocats dérangent.

3° Convoqués à Paris
Une première convocation leur a été délivrée, leur demandant de se présenter à Pointe-à-Pitre le 19 mai. Sans explication, cette convocation a été annulée. C’est quand ils ont reçu la seconde convocation, cette fois pour Paris, qu’ils ont compris. Le motif invoqué pour expliquer ce changement subit de décision est que l’affaire serait de nature « à troubler l’ordre public local ». La requête déposée pour être entendus en visio-conférence a été rejetée.

4° Ordre public colonial et avocats indigènes
Plusieurs avocats, et pas des moindres, solidaires de leurs jeunes confrères, ont décidé de se constituer en comité de soutien. Ils donnent, ce vendredi en fin d’après-midi, une conférence de presse. Dans l’auditoire, en solidarité, plusieurs membres du LKP sont présents et écoutent attentivement, parmi lesquels, Elie Domota et Jean-Marie Nomertin, pour ne citer qu’eux. En revanche RFO brille curieusement par son absence… Maître Rodes, doyen du barreau de la Guadeloupe, se présente comme un infatigable pèlerin de la lutte anti-coloniale. Grande figure de l’indépendantisme guadeloupéen, il a fait partie des accusés au procès des 18 patriotes (à ce sujet, lire l'article suivant http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/parallele-historique.html <http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/parallele-historique.html> ), ce qui fait de lui un symbole vivant de cette cause. Citant Dessaline, héros de l’indépendance haïtienne qui signait ses missives comme général indigène, il se qualifie lui-même d’avocat indigène.


Le plus ancien avocat de la Caraïbe commence par rappeler que la justice est le dernier rempart de l’ordre colonial : « sans justice coloniale, il n’y a pas de colonie ». Puis, il se livre à un vaste balayage historique allant du code noir écrit sous Louis XIV, en passant par la magistrature coloniale, à l’époque où celle-ci n’avait pas honte de s’appeler ainsi, s’égarant ensuite assez longuement sur ses souvenirs de la seconde guerre mondiale, avant de revenir à l’affaire qui nous préoccupe. Il revient sur le concept d’"ordre public local" qu’il traduit par « ordre public colonial » et qui semble s’opposer au fait qu’un magistrat de Paris vienne sur place mettre en examen deux avocats « indigènes ». « L’ordre public colonial s’oppose à ce que la justice se passe normalement. C’est effrayant ! » Il annonce ensuite son attention de faire appel contre la décision de la juge parisienne car elle induit que la Guadeloupe est en marge de la République Française puisqu’on distingue cette dernière du fameux ordre public local.

5° Un aveu de faiblesse
Maître Evita Chevry rappelle que c’est la troisième fois en peu de temps que le parquet s’en prend à la parole des avocats. Il y a d’abord eu les poursuites contre maître Harry Durimel, par ailleurs dirigeant des Verts Guadeloupe, ensuite est venue l’affaire des écoutes, « des faits que la profession considère comme exceptionnellement graves » ; et enfin voici les mises en examen pour diffamation. L’avocate dénonce le dépaysement de l’affaire. Selon elle, à travers cette manœuvre, le procureur n’a d’autre objectif que de « jouer à domicile, sur son terrain ». Ce n’est ni plus ni moins qu’un aveu de faiblesse ; « l’aveu qu’ici, il ne maîtrise ni le terrain, ni les hommes ». Elle pointe du doigt au passage les irrégularités dans la procédure quant à la façon dont ils ont été convoqués. Patrice Tacita, le visage grave, dénonce le manque de considération dont ils font l’objet dans cette affaire et rappelle sentencieusement que « le totalitarisme n’est pas loin lorsqu’on tente de substituer un ordre répressif au droit commun ».



6° « Dans mon pays »

Lorsque Sarah Aristide prend enfin la parole, elle expose sereinement son point de vue, dans un discours teinté de nationalisme où chaque mot est pesé. Elle dénonce un procès politique et le fait qu’en dépaysant l’affaire il s’agit ni plus, ni moins que de les couper de leur soutien populaire, de leur force qui réside dans le LKP. Elle réaffirme ne pas vouloir se dérober à la justice, elle a d’ailleurs des choses à dire, affirme-t'elle, mais puisqu’on me reproche quelque chose dans mon pays, continue-t’elle, je dois être entendue dans mon pays ». Elle précise que dans le cadre de leur convocation à Paris, le billet d’avion, les nuits d’hôtel, et les frais courants sont entièrement à leur charge. Il leur a déjà fallu, à eux deux, débourser 6000 euros à consigner, pour que leur plainte pour écoutes illicites soit reçue, puisque le procureur refusait d’y donner suite. Mais, conclut-elle, « tout ça n’est qu’accessoire, car vous l’avez compris, il s’agit en fait d’une question de principes. On nous a refusé la visioconférence, nous n’allons nulle part. Nous n’irons pas à Paris. »




7° Esprit insoumis

Une sorte de stupéfaction s’empare de la salle. Evoquant la suite probable des événements, à savoir le mandat d’amener, l’arrestation menottée et la déportation en métropole, elle affirme calmement mais avec détermination : « je suis prête à assumer ces bracelets car ils représentent ce que j’ai de plus sacré, ma liberté ».





Cette allusion fait bien sûr écho au passé esclavagiste de l’archipel et parle à tout Guadeloupéen. Cependant, au-delà de cette symbolique très forte, dans l’histoire de la lutte contre le pouvoir colonial, on retrouve en Guadeloupe cette constante qui consiste à détourner la répression coloniale pour la retourner contre ce même pouvoir. On l’a vu récemment avec les commémorations du massacre de mai 67, un événement qui devient constitutif de l’identité guadeloupéenne, qui soude les Guadeloupéens autour de la mémoire (voir : http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/tout-en-image.html <http://chien-creole.blogspot.com/2009/05/tout-en-image.html> ) On a vu aussi, comment le procès des 18 patriotes, en 68, accusés d’avoir portés atteintes à la sûreté de l’Etat, est devenu le procès des pratiques colonialistes de la France en Guadeloupe. Dans cet oxymore des menottes symboles de liberté, c’est toute cette tradition qu’on retrouve. La froide violence répressive n’a pas de prise sur l’esprit insoumis qui fait montre de son indéniable supériorité en transcendant ce qui devrait lui couper les ailes. Comme au Judo, on se sert du poids de l’adversaire pour le faire chuter.




8° Désobéissance civile

La décision courageuse de cette jeune femme et de son confrère, qui empruntent le sentier périlleux de la désobéissance civile, pourrait bien faire plier l’Etat, soit en le poussant à faire preuve de plus d’intelligence et de modération, soit en amenant le peuple à se soulever si on devait leur faire subir le traitement dégradant évoqué plus haut, alors qu’ils n’ont fait que défendre des principes de justice. Le ton nationaliste emprunté aujourd’hui par chacun des intervenants n’est pas innocent. Ils savent pouvoir rassembler bien au-delà des clivages politiques si le masque tombe et que l’opinion publique perçoit dans cette affaire des relents colonialistes. Interrogé par Chien Créole en marge de cette conférence, Elie Domota a bien fait comprendre que le LKP, directement visé dans cette affaire, ne resterait pas les bras croisés si cela devait arriver : « s’ils les veulent, qu’ils viennent donc les chercher… » Il va falloir suivre cette affaire avec la plus grande attention car elle est de nature à remettre le feu au poudre en Guadeloupe, dans un climat de plus en plus délétère…

Le LKP devrait très bientôt appeler à une mobilisation massive le 22 juin, en soutien à ses deux avocats.




FRédéric Gircour (trikess2002@yahoo.fr)


 


 

 
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MARTINIQUE
 
16.06.2009 France Antilles Martinique
Les grands travaux avant Sarkozy
R.L., Photos Fernand Bibas

À vitesse grand V... En travaux depuis de longs mois, la Place de la Savane se transforme à vue d'oeil ces derniers jours.
De là à penser que la visite présidentielle prévue la semaine prochaine est responsable de cette subite agitation, il n'y a qu'un pas...
C'est en effet ici que le président Nicolas Sarkozy doit rendre un hommage solennel aux dissidents martiniquais le jeudi 25 juin prochain, plus de 60 ans plus tard.
Pas étonnant alors que, tout autour du monument aux morts, les équipes techniques et municipales, épaulées par de nombreux engins de chantier, effectuent un balai incessant afin de rendre l'espace le plus propre possible.
Élagage, nettoyage des mauvaises herbes, vérification de l'électricité, coulée de bitume et rouleaux compresseurs, : rien n'est laissé au hasard... Oubliés les rubans blancs et rouges marquant les travaux en cours... L'espace doit paraître le plus neuf possible.
En coulisses, les proches de l'Élysée continuent de dresser la liste des anciens combattants toujours en vie pour les honorer le temps de la cérémonie.
De nombreux convives, plusieurs milliers selon ce qui est pressenti, sont invités... Alors, pour l'occasion, la Place de la Savane se refait une peau neuve.

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16.06.2009 SITE LE NAIF http://www.wmaker.net/lenaif
Par Serge LETCHIMY : pour une gouvernance rénovée de l’espace maritime en Outre-Mer
Lecture sur : http://www.wmaker.net/lenaif/POUR-UNE-GOUVERNANCE-RENOVEE-DE-L-ESPACE-MARITIME-OUTREMER_a376.html
 
 
BONDAMANJAK http://www.bondamanjak.com/
Vidéo Alfred MARIE JEANNE http://www.bondamanjak.com/martinique/28-a-la-une/7527-alfred-marie-jeanne-parle-du-congres-du-18-juin-2009.html
 

16.06.2009 MONTRAY KREYOL http://www.montraykreyol.org <http://www.montraykreyol.org/> 
CONGRES DES ELUS DEPARTEMENTAUX ET REGIONAUX
Deuxième SEANCE PLENIERE 18 JUIN 2009 : RAPPORT
mardi 16 juin 2009 par la rédaction de Montray Kreyol <http://www.montraykreyol.org/spip.php?auteur41> 

Le Congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique lors de sa séance du 18 décembre 2008, a adopté une résolution tendant à faire évoluer la Martinique dans le cadre de l’article 74 de la constitution.

Il a également prévu de doter la Martinique d’une collectivité unique investie des pouvoirs du Conseil Régional et du Conseil Général avec des compétences nouvelles.

Le présent rapport a pour but de préciser l’organisation de la nouvelle Collectivité de Martinique.

Dans le cadre de l’article 74 de la Constitution, le statut de la nouvelle collectivité territoriale est défini par une loi organique, qui fixe notamment les règles d’organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité.

S’agissant du modèle d’organisation territoriale, en se basant sur l’exemple d’autres collectivités comme la Corse, la Polynésie Française ou encore plus près de nous, Saint-Barthélemy ou Saint-Martin, il ressort que deux modèles peuvent être envisagés, se sont :

l’organisation de droit commun que l’on connaît actuellement, c’est-à-dire, une assemblée ayant un exécutif intégré à l’assemblée, et qui n’est pas responsable devant elle.

une organisation spécifique avec une assemblée délibérante et un exécutif distinct de celle-ci. Le Conseil exécutif, est responsable devant la dite assemblée, qui peut le renverser par le vote d’une motion de défiance constructive.(...)

Rapport en PDF sur http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2652 <http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2652> 

16.06.2009 SITE LE NAIF http://www.wmaker.net/lenaif/ <http://www.wmaker.net/lenaif/> 
CONGRES DU 18 JUIN
Lire article sur : http://www.wmaker.net/lenaif/CONGRES-DU-18-JUIN-2009_a379.html <http://www.wmaker.net/lenaif/CONGRES-DU-18-JUIN-2009_a379.html> 
 
17.06.2009 France Antilles Martinique
Deux articles pour quel avenir ?
G. G.
C'est demain que le congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique adoptera les compétences qui devront être dévolues à la collectivité régie par l'article 74 de la Constitution. Mais entre le statut d'identité législative et celui de la spécialité législative, la réalité des avantages et inconvénients de l'un et l'autre dépend essentiellement du contenu plus que du contenant. Comparaison succincte de ce que la Constitution confère à l'un ou l'autre régime législatif.
IL RÉGIT LE PRINCIPE DE L'IDENTITÉ LÉGISLATIVE. C'EST LE PRINCIPE D'ÉGALITÉ POUR TOUS LES CITOYENS D'OUTRE-MER.
La Constitution précise : « Dans les départements et les régions d'outremer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités. Ces adaptations peuvent être décidées par ces collectivités dans les matières où s'exercent leurs compétences et si elles y ont été habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement. (..) Les habilitations prévues aux deuxième et troisième alinéas sont décidées, à la demande de la collectivité concernée, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique. Elles ne peuvent intervenir lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une liberté publique ou d'un droit constitutionnellement garanti.
La création par la loi d'une collectivité se substituant à un département et une région d'outre-mer ou l'institution d'une assemblée délibérante unique pour ces deux collectivités ne peut intervenir sans qu'ait été recueilli le consentement des électeurs inscrits dans le ressort de ces collectivités. »
Les avantages du 73
- La sécurité juridique.
- Les lois de plein droit.
- L'adaptation et l'habilitation.
- La sécurité budgétaire : l'État finance l'application de ses lois.
- L'application obligatoire des lois régaliennes : monnaie, défense, justice, police...
- L'application automatique des mesures nationales sociales et concernant le travail : RTT, SMIC, RMI, Santé (CMU), Éducation, Logement, Aménagement du territoire... Sauf mesures dérogatoires adoptées par le Parlement. C'est le cas du RSA.
- L'article 73 offre les mêmes possibilités qu'au niveau national, avec, en plus, des adaptations spécifiques : développement économique, environnement. C'est l'habilitation.
Les inconvénients du 73
- L'inadaptation de mesures métropolitaines mais des adaptations possibles.
- La limitation des mesures protectionnistes.
- Pas de compétences propres à la collectivité, sauf à demander l'habilitation à adapter.
- Pas d'application immédiate des mesures nationales si le législateur le décide. Le SMIC outre-mer a été aligné sur le SMIC métropole en 1995, soit 50 ans plus tard. Le RSA ne sera appliqué outre-mer qu'en 2011, soit deux ans plus tard.

IL RÉGIT LA SPÉCIALITÉ LÉGISLATIVE. C'EST LE PRINCIPE DE LA DIFFÉRENCIATION PAR RAPPORT À LA MÉTROPOLE.
La Constitution précise : « Les collectivités d'outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d'elles au sein de la République. Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l'assemblée délibérante, qui fixe ? : les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ; les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l'État ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l'article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ; les règles d'organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante » . Historiquement, l'article 74 concernait les territoires d'outre-mer : Nouvelle Calédonie, Mayotte, Polynésie, Wallis et Futuna. Aujourd'hui, Saint-Martin, Saint- Barthélémy et Saint-Pierre et Miquelon sont régis par cet article.
Les avantages du 74
- La marge de manoeuvre.
- La possibilité d'adaptation et de non-application de certaines lois nationales.
- Les mesures protectionnistes.
-La liberté identitaire : drapeau, emblème, gouvernement (exemple, la Polynésie).
- Il entraîne l'application obligatoire des lois régaliennes : monnaie, défense, justice, police...
- Pas d'application immédiate des mesures sociales nationales et concernant le travail : RTT, SMIC, RMI, Santé, Éducation... C'est la loi organique qui décide des applications de ces lois nationales.
- Si les compétences accordées sont compatibles avec le Traité de Rome, la Collectivité d'Outre mer (COM) Martinique restera dans l'Union Européenne et continuera de bénéficier des programmes européens.
- Une fois passée sous le régime du 74, la COM-Martinique pourra demander l'accroissement de ses compétences propres.
Les inconvénients du 74
- Loi organique modifiable par le Parlement.
- La négociation des financements.
- Il suppose que soient définis des domaines où la collectivité décide. Mais pour financer les mesures, la collectivité doit négocier avec l'État. Surtout dans les domaines où les compétences sont partagées.
- Si ces compétences portent sur la libre circulation des marchandises, des personnes, des capitaux, les règles de la concurrence, le droit d'installation, le commerce extérieur, elle devra sortir de l'Union Européenne. Elle aura le statut de Pays et Territoire d'Outre-mer (PTOM).
Depuis la réforme constitutionnelle de mars 2003, les évolutions institutionnelles possibles de l'une ou l'autre des entités territoriales de l'Outre-mer ont changé, dans la forme comme dans le fond.
Ce tableau n'est en rien exhaustif. Il a été établi à partir de la Constitution, des documents de la documentation française, et des argumentaires recueillis auprès des deux camps : les partisans du maintien de la collectivité dans le cadre de l'article 73 et ceux du passage à l'article 74.


17.06.2009 DOM HEBDO
Martinique : L'Assemblée Unique sous le régime 73 ou 74 ?

Pendant que la population martiniquaise tente de débattre au sein des ateliers dans le cadre des Etats généraux décidés par le gouvernement, de leur devenir au quotidien, les élus martiniquais imperturbables, engagés dans un processus d'évolution statutaire, vont tenir demain leur deuxième réunion de congrès, après s'être très majoritairement prononcés en faveur d'une Assemblée Unique,  le 18 décembre dernier, pour définir les compétences de cette assemblée.
 
En gros, les élus vont, pendant leur séance plénière, se demander s'ils optent pour une Martinique régie par l'article 73 de la Constitution qui permet d'appliquer sans réserve toutes les lois votées au sein de la République ou si on applique une identité spécifique comme le permet l'article 74.
 
Une question certes cruciale pour le devenir de la Martinique sur le plan administratif, sauf que les Etats généraux sont passés par là et requièrent une véritable audience populaire, dont les élus ne semblent pas prendre la mesure.
 
Dès lors, il ne faudrait pas s'étonner que la population ne suive pas la volonté des congressistes lorsque la question sur l'évolution institutionnelle lui sera soumise.



17.06.2009 DOM ACTU http://www.domactu.com <http://www.domactu.com/> 
Martinique | Politique
Assemblée unique : les élus votent les compétences…
C’est demain que se tiendra le second congrès des élus locaux relatif à la création d’une assemblée unique régie sous l’article 74 de la constitution. La séance de demain devra brosser les compétences de cette potentielle collectivité.
Le 18 décembre dernier, les élus de la Martinique s’étaient prononcés majoritairement en faveur d’une évolution institutionnelle.

En d’autres termes, tous souhaiteraient que le statut de région monodépartementale que nous avons actuellement soit transformé en assemblée unique.

Dit de cette façon les choses paraissent simples. Il est en effet certain, que le statut de DROM (département et région d’outre-mer) constitue une aberration administrative. Les deux collectivités empiétant chacune sur les compétences de l’une et de l’autre.

Seulement, tout le débat est de savoir si cette assemblée unique doit être régie par l’article 74 ou doit s’inscrire dans la continuité de l’article 73.
Avec ce dernier, l’identité législative est automatique en Martinique. C'est-à-dire que toutes les lois votées en France et pour la France s’appliquent de facto sur notre territoire, l’île étant une région monodépartementale française au même titre que tous les autres départements et régions de France.

Si en revanche la Martinique devient une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74, il s’agira alors d’appliquer une identité spécifique. Ce qui signifie que la future assemblée pourra demander que les lois votées tiennent compte des spécificités sociales, économiques, culturelles et insulaires de notre île, posant ainsi les principes d’un système Autonomiste.

Ce sont donc les compétences de cette assemblée unique et autonomiste qui seront proposées puis votées par le congrès des élus demain jeudi à l’hôtel du département.

Des compétences qui ne prendront forme que si les martiniquais se prononcent majoritairement en faveur de cette évolution institutionnelle…
Marie Jean - DOMactu.com
 
 
17.06.2009 France Antilles Martinique
 
Le Groupe Lancry en croisade contre les prix des importateurs
Bertrand Micholet
Dans un dépliant distribué dans les boîtes aux lettres, le Groupe Lancry a adressé une lettre ouverte à ses fournisseurs dans laquelle il leur demandait de répercuter sur leurs prix - avant ce mercredi 17 juin - la baisse de l'octroi de mer décidée par le Conseil régional. Une démarche « pour le seul intérêt du consommateur » , précise-t-il.
Il y a quelques semaines, le Conseil régional a voté la baisse de l'octroi de mer sur une liste de 2 17 codes douaniers de produits. Une mesure qui devait normalement avoir une incidence réelle sur les prix de vente des produits concernés.
Et pourtant, dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, les dirigeants du Groupe Lancry, basé au Lamentin, reprochent aux fournisseurs locaux de produits alimentaires de n'avoir jusqu'ici pas répercuté cette baisse de l'octroi de mer sur leurs prix. « Aujourd'hui, les Hypers Lancry répondent à la demande des consommateurs en répercutant les baisses de l'octroi de mer obtenues sur le prix des produits que notre groupe importe, précise Steeve Lancry, le directeur général. Mais, à ce jour nous constatons qu'aucun engagement de baisse de tarif n'a été pris par les autres fournisseurs locaux » . Conséquence : le Groupe Lancry « pour l'intérêt des consommateurs » a donné à ses différents fournisseurs un ultimatum au 17 juin, donc aujourd'hui, pour répercuter cette baisse des taxes.

Une date butoir
Steeve Lancry rappelle que dans la baisse de 20% décidée sur 400 articles de première nécessité, les produits dits « BCBA » , les Hypers Lancry et les autres enseignes avaient anticipé la baisse de l'octroi de mer depuis le 15 avril dernier. Il demande aujourd'hui aux fournisseurs et aux importateurs locaux de prendre leur part dans ces mesures prises en faveur du pouvoir d'achat. « Ce n'est toujours pas le cas » , précise le dirigeant. En clair, il y aurait encore une marge de manoeuvre pour baisser les prix. Les Hypers Lancry disent acheter 60% de leurs produits chez des fournisseurs locaux qui commercialisent majoritairement les marques françaises. Leur appel à l'adresse des importateurs arrive à échéance ce 17 juin 2009.
Dans leur lettre ouverte, les responsables du Groupe indiquent « qu'au-delà de cette date ils seront tenus d'informer en toute transparence les consommateurs en balisant dans les rayons les produits sur lesquels il n'y a eu aucune répercussion de la baisse d'octroi de mer » .
En brandissant la carte de la transparence, les dirigeants des Hypers Lancry, veulent faire à la fois faire pression sur les importateurs et alerter les consommateurs sur les raisons pour lesquelles les prix ne baissent pas autant qu'ils le pourraient.

- Les prix BCBA victimes de leur succès
Les dirigeants du Groupe Lancry veulent faire taire les critiques sur les distributeurs qu'ils considèrent non fondées d'une manière générale à propos des prix BCBA. Tous sont victimes de la pénurie des produits concernés. « Au cours de ces deux derniers mois, nous ont-ils décléré, le mode de consommation dans les grandes surfaces a radicalement changé. Depuis le 15 avril, on a remarqué une consommation des produits BCBA excessivement importante, ce qui fait qu'il est très difficile pouvoir tenir les approvisionnements dans les délais. En revanche, on s'est engagé, en cas de rupture de stocks, à remplacer le produit manquant, toujours au prix le plus bas. Malgré tout, nous n'arrivons pas à pallier la rupture de stock. Il est très compliqué d'établir un plan d'approvisionnement d'autant que l'on ne dispose pas d'historique sur cette récente mutation du comportement des consommateurs. Aujourd'hui, nous augmentons radicalement nos importations pour faire face à cette nouvelle situation » .

- Hypers Lancry : une nouvelle identité sans le nom Carrefour
Depuis environ un mois, l'identité visuelle et la signalétique des Hypermarchés Lancry a changé. Le nom de Carrefour n'apparaît plus, pour laisser place uniquement au logo de l'enseigne française. L'objectif vise à une meilleure visibilité des deux hypermarchés du groupe implantés au Lamentin. L'Hyper Lancry est au centre commercial Place d'Armes, l'Hyper Landy est au quartier Long-Pré, et sera bientôt un hypermarché équivalent à celui de Place d'Armes, avec les mêmes références. La famille Lancry, qui est dans l'activité commerciale depuis 49 ans, entend ainsi marquer sa différence avec les deux autres enseignes Carrefour de Dillon et Génipa.
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André-Jean Vidal
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 22:20
Peut-on se passer de principes dans les luttes sociales ?
Par Jacky Dahomay

Je dédie cette modeste réflexion à Josy Saint-Martin, à mes sœurs Lita et Rita, toutes trois enseignantes à la retraite et à tous ces enseignants que j’ai croisés dans ma longue carrière et qui m’ont toujours donné l’exemple d’une exigence éthique dans leur métier d’enseignant.

S’il y a une chose qui  donne à penser voire  inquiète constamment, c’est la perte de principes dans certaines luttes syndicales. Il y a longtemps que certains parmi nous dénonçons ce que nous appelions des « dérives syndicales ». C’est comme si notre société connaissait une sorte d’anomie ou de perte de valeurs qui se manifesterait aussi dans les méthodes de luttes sociales. Force est de constater aujourd’hui, même après le grand mouvement social de ces derniers mois, la persistance de ces dérives qu’on se demande aujourd’hui s’il s’agit d’une ligne suivie ou de simples dérives qui affectent surtout gravement le domaine public dont celui de l’éducation.

Donnons quelques exemples. Des grévistes ont souillé, à Sainte-Anne, une école primaire en versant de l’huile de vidange dans les salles et sur les bancs devant accueillir des enfants. Quel que soit ce que l’on puisse penser de la légitimité de leurs revendications, la chose est absolument inadmissible. Ce fait n’est pas nouveau. Les mêmes actes avaient déjà été produits dans une école maternelle du Nord Basse-Terre et à la médiathèque du Gosier. A ma connaissance, aucun syndicat enseignant n’a condamné publiquement de tels agissements. En outre, des dirigeants syndicaux bien connus se sont rendus à la Maison départementale de l’enfance (autre lieu d’éducation) et, trouvant sans doute les militants syndicaux de base trop mous dans le conflit qui les oppose au Directeur de l’établissement, se sont permis de crever les quatre roues de l’automobile de ce dernier. Autre chose : vers la fin de la grande grève que nous avons connue, un dirigeant syndicaliste enseignant du SPEG, René Beauchamp, a traité dans un article un proviseur de « chabin à grosse tête et à gros ventre » utilisant la référence au phénotype comme mode d’argumentation.  Un enseignant ne peut pas faire cela publiquement. C’est comme si, au-delà de nos divergences, tout un monde de valeurs s’écroulait car il n’y que Le Pen en France à utiliser ce genre d’argument. Enfin des militants n’ont  aucun scrupule à abattre des arbres centenaires lors de certaines manifestations. On peut espérer que la majorité des membres des syndicats condamnent de telles manières de faire. Mais la critique n’advient pas à la clarté du jour. On est tout de même loin de l’époque où on affirmait que l’intérêt de l’école passait avant la défense des intérêts catégoriels des enseignants. Toujours est-il qu’aujourd’hui, on ne peut que constater avec grande inquiétude la persistance de pratiques  douteuses à l’intérieur des syndicats même s’ils ne sont pas le fait de la majorité des membres. Que se passe-t-il donc dans notre pays ? N’est-ce pas le signe qu’il y a urgence à refonder la chose publique dans notre société ?

Sans doute cela mériterait-il une profonde analyse. Mais en attendant, il n’y aucune incertitude à qualifier ce genre de pratiques. C’est du syndicalisme voyou, purement et simplement ! Il est toujours pénible pour un ancien syndicaliste comme moi de critiquer ouvertement de telles pratiques car il est de coutume de ne pas dénoncer les dérives syndicales. « Si vous le faites, vous faites le jeu des patrons » vous dit-on. Mais si vous ne dîtes rien, vous cautionner en quelque sorte. Des Guadeloupéens qui se veulent responsables doivent rompre le cercle de ce chantage au risque de se faire traiter de tous les noms d’oiseaux (ou de chiens). Il en va de l’intérêt supérieur de notre pays. Car tout se passe comme si notre île était profondément affectée par l’hyper-individualisme, la surconsommation et la perte de repères qui caractérisent bien des sociétés avec la montée en puissance du capitalisme dans son stade ultime qui est la mondialisation. Je parle bien sûr de la mondialisation capitaliste car une autre mondialisation peut être pensée comme le tentent Edouard Glissant dans sa poétique ou d’autres altermondialistes. Tout se passe comme si des syndiqués s’unissaient uniquement pour la défense d’intérêts particuliers ou immédiats (ce qui est légitime) mais en oubliant d’articuler leurs revendications particulières à l’intérêt général ce qui peut être une source de dérives graves car nous ne devons jamais oublier des biens de plus haute nécessité.

En ce sens, une visée du bien commun ou de l’intérêt général devrait toujours guider nos pratiques syndicales et politiques à l’inverse des forces réactionnaires, surtout néolibérales, qui elles ne sont  guidées que par des intérêts particuliers et qui visent à nous faire croire que la logique des intérêts économiques est la poursuite du bien commun. Le capitalisme actuel, dans sa version mondialisée, est la généralisation extrême des intérêts particuliers au détriment de toute la planète c’est-à-dire de l’humanité. C’est cela qui fait la différence entre leur morale et la nôtre. En conséquence, si notre praxis ne se référait plus à aucun principe moral transcendant, pourrait-elle encore se prétendre libératrice ? Quand des luttes sociales ont du mal à s’articuler à un projet politique cohérent et libérateur, on assiste au développement du syndicalisme voyou, à une sorte de nihilisme destructeur qui envahit certaines catégories de travailleurs, ceux que Marx  qualifiait de « prolétariat encanaillé ». On sait, aux dires de Marx lui-même, que cela a conduit au pouvoir des forces politiques les plus réactionnaires.

On peut espérer  cependant que les syndicats ne soient pas pourris et qu’ils sauront se débarrasser sans aucune ambiguïté de ces pratiques de voyous  qui peuvent gangrener leurs organisations. Car, réfléchissons : quand des enfants, qui ne sont pas responsables du monde dans lequel les ont placés leurs parents, assistent à une telle violence qui, quelque part leur est aussi adressée, comment voulez-vous qu’ils aient confiance dans le monde des adultes, dans le monde à venir aussi, et qu’ils ne soient pas aspirés dans le cycle d’une culture de la violence ? Si on aime son pays, on ne peut vouloir cela. Et puisque que nous ne sommes que de pauvres voyageurs en ce monde, il faut bien que quelque chose en nous, sous le ciel étoilé quoique muet, vaille plus que nos simples existences individuelles. Ainsi, on peut admettre tout de même qu’il existe bien des valeurs transcendantes sans lesquelles l’humanité ne serait pas l’humanité car nous savons que l’inhumain est un propre de l’homme. Ce pourquoi toute action humaine, fût-elle syndicale ou politique, devrait toujours respecter certains principes. Mais une telle affirmation n’est-elle pas du pur moralisme ? Peut-on faire des omelettes sans casser des œufs ?

C’est ainsi qu’on me reproche souvent mon « moralisme républicain », lequel serait tout à fait déplacé voir ridicule sous les Tropiques. Il y a là une double critique : celle qui porte sur le moralisme, l’autre qui concerne le républicanisme. Précisons toutefois que je ne me réfère ici qu’à une morale publique et non à une morale personnelle car dans ce dernier cas il y a bien un pluralisme des valeurs, tout le monde n’ayant pas les mêmes références religieuses ou philosophiques. Je doute qu’il puisse y avoir accord quant aux visions morales du monde fondées sur des croyances particulières. Je ne parle donc que de morale publique c’est-à-dire d’un ensemble de valeurs ou de principes généraux pouvant régir la vie collective. Et nous en avons grand besoin dans la Guadeloupe d’aujourd’hui. Quant à mon républicanisme, il serait erroné de le réduire au républicanisme français lequel s’est toujours associé à un certain nationalisme ayant le plus souvent justifié le colonialisme. La philosophie républicaine (qui fut toujours minoritaire dans l’hexagone) est en crise de nos jours et son renouvellement se fait maintenant ailleurs qu’en France. Il est clair que l’école républicaine de Jules Ferry n’a pas toujours maintenu sa visée universaliste, qu’elle s’est associée au nationalisme français et qu’elle a fait l’éloge de la colonisation. Mais au lieu de répéter inlassablement depuis trente ans que « Lékol a yo pa bon pou nou, fo nou lité pou nou changéy », commençons tout d’abord à en faire le bilan afin d’en retenir les principes essentiels devant fonder toute école digne de ce nom. Car si nous respectons l’école et nos enfants, l’école n’est jamais simplement celle des enfants ni des parents. Elle fait de l’enfant un élève précisément pour l’élever. Car elle vise plus haut. Le bien commun ou public précisément. De tels principes –du moins est-ce mon humble avis de vieil enseignant- ne devraient jamais abandonner les personnels de l’éducation, quels qu’ils soient, même dans leurs luttes revendicatives. Est-ce là un moralisme désuet ?

Il est vrai cependant qu’on peut se demander si les notions de bien commun ou d’intérêt général ne sont pas le plus souvent hypocrites. L’idéologie républicaine du bien commun aurait toujours masqué les intérêts de classe ce qui témoigne du vrai sens de l’idéologie bourgeoise, de sa domination culturelle qui permet la reproduction de la logique de la domination du capitalisme. Marx aurait donc eu raison de la dénoncer et d’inscrire la société civile dans l’infrastructure économique et sociale. La société civile pour lui n’étant rien d’autre que le lieu de la lutte de classes. Si tel était le cas, seuls le prolétariat et les classes qui lui sont naturellement alliées seraient porteuses de l’intérêt général, en soi, intrinsèquement.  Dans l’optique nationaliste au contraire, le bien commun n’a aucune visée universaliste comme chez Marx et, le peuple ne pouvant pas être pensé dans une pluralité de valeurs,  est essentiellement un. En conséquence, dans sa supposée unité culturelle, il porte déjà en lui-même des valeurs transcendantes pouvant définir le bien commun. La finalité essentielle de l’école est, comme l’énonçait cet édifiant mot d’ordre de l’ancien SGEG, d’apprendre à  l’enfant à « penser et agir en Guadeloupéen ». En résumé, marxisme et nationalisme montreraient bien l’inefficience de la mise en avant de la notion de société civile.

Pour répondre à ces critiques, disons tout simplement que l’erreur de Marx serait d’avoir réduit la société civile à l’infrastructure économique et sociale ce que lui reprochait déjà Gramsci, lequel inscrivait la société civile dans la superstructure. En réduisant l’Etat à un simple instrument au service de la classe dominante et en résumant la société civile à l’infrastructure, Marx aurait occulté, quelles que soient par ailleurs la pertinence de ses analyses concernant la sphère économico-sociale, quelque chose de fondamental dans la formation anthropologique des sociétés humaines, notamment l’apparition du politique comme espace public où se renouvelle la question essentielle du  sens du vivre ensemble. De ce fait, il me semble que, quelle que soit la généralité des valeurs que peuvent porter les luttes sociales et de l’importance qu’on peut accorder à la lutte des travailleurs, ces valeurs ne peuvent à elles seules concentrer tout  l’intérêt général ou le bien commun. D’où l’importance qu’il faut accorder à la société civile comme ensemble d’associations qui ne se réduit aux organisations syndicales. A certains moments historiques, la dynamique de la société civile (qu’on ne peut confondre avec une dialectique strictement politicienne) peut provoquer une refondation des normes et des valeurs collectives ou publiques c’est-à-dire, une refondation du politique en tant que tel. C’est en ce sens que la légitimité démocratique issue des urnes ne peut pas être toute la légitimité républicaine Cette dernière est aussi portée par des institutions (dont l’école précisément) fondées sur des principes transcendants. Un pouvoir issu démocratiquement des élections peut tout aussi bien s’évertuer à saper ces principes essentiels et à délégitimer les institutions.

Toutefois, il n’existe pas de bien commun universel et immuable fondée sur une Raison, anhistorique, en quelque sorte, selon une classique philosophie idéaliste. Si c’est bien la raison plutôt que le sentiment, même celui de fraternité, qui fonde de tels principes, c’est toujours une raison située historiquement, dans des sociétés données. Il y a bien une rationalité voire une universalité comme celle des droits de l’homme, mais c’est une rationalité construite. Dans des sociétés dites « primitives », très unifiées ethniquement ou culturellement, les principes transcendants sont donnés dans la permanence de l’héritage. Mais dans des sociétés comme les nôtres, démocratiques et connaissant un pluralisme des valeurs, c’est dans l’espace public propre à la société civile que s’élaborent rationnellement des normes publiques. Non que le sentiment ne joue aucun rôle dans la vie collective, mais il doit savoir faire place à la rationalisation des pratiques dont le débat public argumenté joue le rôle essentiel. Il s’ensuit de tout cela qu’il n’existe pas de valeurs guadeloupéennes éternelles ou immuables fondées sur l’unité d’une culture, comme pourrait le penser l’option nationaliste. Voilà pourquoi il est erroné de postuler que l’école chez nous doit apprendre à l’enfant à penser et à agir en Guadeloupéens. C’est reprendre là un des vieux thèmes du nationalisme allemand (qui séduisait déjà Jules Ferry aux dires de certains spécialistes), selon lequel l’école devrait apprendre à l’enfant à penser en vrai Allemand, en pur Allemand c’est-à-dire en bon Aryen.  La grande erreur du FLN algérien, au lendemain de l’indépendance, est d’avoir confié l’instruction publique aux religieux. L’Algérie n’en finit pas de payer le prix. Dans nos pays issus de la colonisation, l’Etat et l’autorité politique ont un statut particulier, non pas en droit (car nous sommes soumis à la même législation républicaine que l’hexagone) mais dans les faits. L’Etat reste malgré tout héritier de l’Etat colonial même si bien sûr nous n’avons plus le statut de colonies. Le rapport à la loi est donc toujours biaisé. En face, la classe politique, reste aussi tributaire d’une tradition politicienne marquée fortement par le clientélisme. On peut constater la persistance de cet héritage colonial dans des pays ayant accédé à l’indépendance depuis longtemps mais où dominent des pratiques clientélistes et un rapport faible à la loi, à la politique et à l’Etat. C’est pour cela que qu’il faut penser que la refondation du politique doit venir en grande partie de la société civile guadeloupéenne même si celle-ci ne peut se substituer à la représentation politique issue des urnes. Même si nous sommes département français, la démarcation nette entre société civile guadeloupéenne et société civile métropolitaine, après 63 ans d’assimilation, nous permettrait de poser à nouveaux frais la question de l’évolution de notre pays, de conserver certains principes fondamentaux (ceux des droits de l’homme par exemple) et d’en élaborer d’autres dans le débat public. L’immense majorité des Guadeloupéens ne veulent pas de l’indépendance. Il faut en tenir compte. Mais nous continuons de fréquenter la chose publique ou politique de façon pas très saine avec une instrumentalisation de la question de l’identité pas du tout libératrice. Il faut donc s’en sortir. C’est pour cela qu’une Guadeloupe qui aujourd’hui accepterait de débattre, au-delà des revendications sociales, des biens de haute nécessité pour parler comme Glissant et ses amis, c’est-à-dire de normes, de valeurs ou de principes définissant le sens du vivre ensemble, ferait un bon en avant car il s’agirait là d’une première forme de ré-institution du social ou de refondation de la chose politique.

C’est cette refondation du politique que laissait présager le grand mouvement social initié par le LKP. Son caractère sociétal était sans doute plus important que sa dimension strictement sociale. Son succès a fait même rêver des militants politiques et syndicaux de l’hexagone. Mais les limites de l’action revendicative dans la France métropolitaine tiennent  à ce que s’il y a bien une transversalité dans les revendications donc une visée de généralité dans les luttes sociales, elles sont surtout le fait d’organisations syndicales. En Guadeloupe, la transversalité des revendications syndicales s’est alliée (d’où la notion de lyannaj) avec une transversalité sociétale, dans le rassemblement avec des associations de la société  civile, ce qui a rendu le mouvement extrêmement populaire. Malheureusement, les dirigeants de LKP étant peu ouverts à cette appréhension de la société civile et étant enfermés dans des cadres idéologiques traditionnels, marxistes-léninistes et nationalistes, n’ont pas su saisir toute l’importance du mouvement qu’ils avaient déclenché et dont le succès les avait surpris. Dans une deuxième phase, ils ont réduit les revendications à leur dimension sociale avec la mise en avant des 200 euros. Les revendications d’ordre sociétal n’étaient pas niées mais elles n’étaient plus motrices du mouvement. Et comme ces dirigeants ne savaient pas très bien où aller, ils ont fait ce qu’ils savaient faire c’est-à-dire mener des luttes syndicales avec des méthodes habituelles y compris avec certains aspects du syndicalisme voyou,  cohabitant sur les barrages avec des jeunes délinquants armés et encagoulés, légitimant donc ces derniers en quelque sorte. Et comme leur projet, au fond, était une politique masquée, au lieu de poursuivre le développement du mouvement de la société civile en l’élargissant à d’autres catégories de la population afin de produire la refondation ou la reformulation de la question politique, au sens le plus fort du terme –et non dans des stratégies politiciennes, fussent-elles autonomistes-  dans notre société, ils ont sombré dans les maladresse politiques dont ils sont coutumiers, croyant bon de dénigrer entièrement la classe politique, visant essentiellement le président de région, Victorin Lurel dit Toto, faisant donc de ce dernier, involontairement, l’homme politique fort de la Guadeloupe d’aujourd’hui. En croyant descendre Toto, ils ont remonté Lurel. Et au lieu de s’ouvrir au débat réclamé par des intellectuels, ils ont fait de ces derniers des hommes à abattre, renouant ainsi avec cet anti-intellectualisme qui a toujours dominé le mouvement nationaliste guadeloupéen depuis l’AGEG des années 1960, association d’étudiants pourtant ! Dans cette troisième phase dont l’apogée fut la prise du palais du Conseil Général, ce fut une cascade d’erreurs, plongeant le grand mouvement social dans une sorte de dérade, affaiblissant aussi la question du politique et la Guadeloupe risque de sombrer de nouveau dans l’électoralisme traditionnel le plus plat avec les élections à venir.

Pourtant, la première phase du mouvement dirigé par LKP ressemblait presque à un superbe lever de soleil. C’est comme si toute une société se réfléchissait, se regardait autrement. Les gens avaient plaisir à se rencontrer, à discuter, dans les manifestations mais aussi dans les quartiers, chez les petits commerçants, dans les familles. Dans les files d’attente, on redoublait de politesse. Comme si une autre vie était possible, dans une quête nouvelle de valeurs, contre ce délitement du social produit non pas simplement par le fait que nous serions une colonie mais aussi par le développement actuel du capitalisme mondialisé. Le taux de délinquance était tombé à zéro, ce qui était une première. Les jeunes délinquants se soumettaient à l’autorité du LKP. Ce qui prouve bien que la désespérance de beaucoup de jeunes est due, outre le chômage endémique, au manque de repères et de principes dans la société car comme l’a montré Charles Taylor dans Les sources du moi, il ne peut y avoir de construction de l’identité sans référence à des valeurs. On assistait alors à une sorte de volonté d’une nouvelle maîtrise du territoire guadeloupéen, mais aussi de l’espace et du temps, comme si une Guadeloupe tentait de se retrouver elle-même, sous le soleil, dans un grand moment de fraternité. On marchait beaucoup à cette époque. Régis Debray a sans doute raison de dire dans son dernier livre, Le moment fraternité, que c’est en plein air, non dans des salles, que s’expriment ces grands moments de fraternité. J’idéalise peut-être trop cette période mais je dois avouer aussi qu’un syndicat comme l’UGTG m’était redevenu sympathique. Le rêve s’est terminé quand Domota a annoncé résolument un jour qu’on avait fini de marcher. La deuxième phase commençait. Elle a pris la tournure que l’on sait mais qui n’allait pas dans le sens de nos espérances. Pouvait-il en être autrement ? Difficile à dire.

Car ce qu’il y avait de grand dans les puissantes luttes sociales dirigées par le LKP, c’était bien le lien magistral qui avait été fait dans toutes ces revendications sociales, mettant ainsi à nu le système de la domination économique et sociale dans notre pays. Cela est essentiel car jamais aucun mouvement social n’avait atteint un tel degré de radicalité ni de pertinence dans notre histoire. En ce sens, il y avait bien une visée de l’intérêt général et ce dévoilement du système d’exploitation dans sa globalité a rencontré une exigence de dignité qui habite les Guadeloupéens. Pour toutes ces raisons, les revendications sociales et sociétales mise en avant par le LKP abordaient bien des intérêts généraux visant le bien commun. Mais la visée du bien commun n’est jamais simplement sociale et on ne peut jamais le déduire mécaniquement du social. Elle est éminemment politique. Ce pourquoi le passage du social au politique est toujours un saut périlleux. C’est ce saut qui a été raté. C’est donc qu’on n’a pas sauté assez haut. Si tout le problème  réside dans la question politique, les dirigeants de LKP étant eux-mêmes pour la plupart dirigeants d’organisations politiques, lesquelles n’ont jamais manifesté de grande pertinence sur les questions politiques, ont eu le choix ou d’apparaître au grand jour pour ce qu’ils sont ou de continuer d’avancer masqués, instrumentalisant en quelque sorte la question sociale. (Cela dit, on peut se demander si ce n’est pas le peuple guadeloupéen qui a instrumentalisé le LKP dans des revendications sociales au fond, intégratrices). Les dirigeants de LKP, ont tout de même fait de la politique mais de la politique de bas étage en luttant de façon politicienne contre les politiciens traditionnels avec l’abandon de certains principes dont les principes démocratiques. D’où l’erreur de Basse-Terre. Mais les échecs du LKP sont aussi les nôtres et nous sommes tous condamnés à faire autre chose. Personne ne sait exactement quoi, en ce moment. Il ne nous reste pour l’instant qu’à débattre, non pas pour faire une politique définie dans l’immédiat mais afin de refonder le politique dans notre pays sur des bases nouvelles. Le grand patronat relève la tête et l’Etat organise des états généraux dans une logique purement politicienne ce qui est du mépris pour le grand mouvement social initié par LKP. Il nous appartient donc à tous de redynamiser la société civile afin d’aller en avant. Mais que le LKP commence à faire le bilan de ses propres erreurs au lieu de tout mettre sur le compte des autres !

 Ce qui est sûr, cependant, c’est qu’aujourd’hui, les familles sont gravement divisées, le taux de délinquance flambe, les prix aussi et les profiteurs relèvent la tête, la vie est aussi chère, malgré des conquêtes sociales indéniables. Des enfants qui tiennent à peine debout, sont prêts à la moindre occasion à injurier maîtres ou parents. Dans les écoles, les enseignants rasent les murs taraudés par on ne sait quel honte ou quel désespoir. Dans les embarras de la circulation, on est prêt à s’étriper pour la moindre raison. L’Etat continue vaille que vaille ses états généraux qui n’ont aucun grand écho dans la population et les élus pour l’essentiel se taisent, traumatisés par les effets du grand mouvement social. Quant à la société civile guadeloupéenne, elle risque de n’être qu’une idée dans le cerveau d’un intellectuel « moribond » pour reprendre le qualificatif que Domota nous a adressé. Le LKP continue d’être populaire mais sur le mode de la nostalgie. L’enthousiasme  n’y est plus. Les dirigeants syndicaux ont du mal à contenir le syndicalisme voyou et on peine à retrouver la dynamique du début du mouvement. Les divisions éclatent au sein de LKP et on ne sait plus comment fonder une nouvelle solidarité. Un grand moment de perplexité marque la Guadeloupe d’aujourd’hui. Et quant à moi, je ne cesse d’être travaillé, je ne sais pourquoi, par le souvenir de mon maître d’école.

 Je ne sais pas d’où vient ma passion pour l’enseignement. J’étais en classe de troisième quand j’ai dit à mon père que je voulais être professeur. Celui-ci aurait préféré que je fusse médecin. Le maître qui m’a le plus marqué de toute ma scolarité est un instituteur. Je n’aimais pas trop Loulouse. Loulouse, c’était un petit martinet avec lequel il nous battait. Une faute d’orthographe, au premier trimestre, c’était un coup de Loulouse. Une faute, au troisième, c’était trois coups de Loulouse. Mais si je n’aimais  pas Loulouse, je n’oublierai jamais ce qui nous est arrivé un samedi après-midi. Une fois que nous revenions d’une marche aux alentours de Pointe-à-Pitre, nous nous sommes perdus. Notre maître commençait à s’inquiéter car nous devions être à cinq heures au Carnot. Nous avions pris un raccourci en traversant le cimetière de la ville, sous les filaos. C’était une époque où n’avait pas encore eu lieu la rénovation urbaine de Pointe-à-Pitre. Nous vivions dans la crasse et devions, en nous rendant à l’école franchir des canaux lamés de déchets de toutes sortes et de golomines. Les gens étaient pauvres et maigres mais leur allure était fière peut-être, pour parodier le poète haïtien Antony Phelps, d’avoir trop souvent levé la tête vers nos palmiers et nos montagnes. Mais poursuivons ! Le temps pressant, notre instituteur a eu l’impérieuse idée de traverser la cour d’une dame, car au-delà de la cour, on pouvait apercevoir la rue qui pouvait nous ramener à Carnot. A ma grande surprise d’enfant interrogé par la violence des adultes,  la dame s’y est opposée fermement, menaçant même notre instituteur d’un grand couteau. Notre maître s’est assis sur une muraille séparant le cimetière de la cour de la personne en question et nous a pris dans ses bras, les uns après les autres, nous déposant dans la cour de cette hystérique, si on peut utiliser cette expression. Il a dit ceci que je n’oublierai jamais : « Ti moun a la répiblik, sé la yo ka pasé ! ». Il nous a mis en colonne par deux et nous avons traversé fièrement la cour de la dame subitement silencieuse et médusée, le couteau pointé en l’air comme on ne sait dans quelle interrogation muette mais respectueuse. On n’oublie pas de tels maîtres. Les principes fermes du nôtre avaient eu raison de la violence de la dame. Il s’appelait Léopold Reinette. Il nous a quittés définitivement il y a quelques mois. Même adulte, quand je rencontrais Léopold Reinette, je courrais l’embrasser. Je salue ici sa mémoire. Aujourd’hui, les choses ont changé. Quand je rencontre un de mes anciens élèves comme Gaby Clavier, dirigeant de l’UGTG, il ne vient pas m’embrasser. Cela ne me manque pas. Nous n’avons pas forcément la culture de l’abrazo des danseurs de tango argentin. Je ne sais pas pourquoi, depuis plusieurs mois, je pense tous les soirs à Léopold Reinette et à ces événements de mon enfance Quel rapport avec la situation actuelle ? C’est mystérieux pour moi. Est-ce la venue du grand âge et l’approche du dernier voyage ? Je demanderai conseil, au plan strictement psychologique bien sûr, à Elie Domota. Mon maître d’école veut-il me signifier, au-delà de sa tombe, une exigence que j’ai du mal à déchiffrer ? Pourtant j’ai eu un père qui fut juste et droit. Est-ce une exigence éthique dans le domaine public (donc non familial) que cet instituteur indique comme solution à notre déficit symbolique, la voie dans laquelle il faut chercher ? Je l’ignore tout simplement.

Mais cette obsession de l’enfance fait sans doute signe vers une continuité historique des valeurs et des principes qui ont été les plus porteuses dans l’histoire de notre société. Mais, ici, on pourrait croire que je me contredis. D’un côté, je refuse l’inscription dans une identité culturelle close, une et permanente, et de l’autre, je veux retrouver le fil ce ces mêmes valeurs ou principes. Je précise tout de même que je ne prétends pas que toutes ces valeurs fussent essentiellement guadeloupéennes. L’idéal de l’école républicaine qui a animé nos anciens maîtres a toujours eu une dimension universelle. Ensuite, il faut toujours se méfier de la plainte constante quant au délitement des valeurs traditionnelles comme si il y avait là une crispation conservatrice sur une société passée qu’on magnifie.

Ce que je veux dire est simplement ceci : on ne peut construire une Guadeloupe nouvelle sans le respect de certains principes déjà là et qui à nos yeux ont de la valeur. Si la tradition, pour nous modernes, n’a pas d’autorité en tant que telle, on ne saurait élaborer une autorité moderne sans un dialogue critique avec la tradition. Par exemple, la tradition des coups à l’école est une mauvaise chose que pratiquaient nos maîtres dans une survivance macoutique issue de l’esclavage, ce pourquoi je n’aimais pas Loulouse d’ailleurs. Mais croire qu’on peut rejeter tout principe dans l’action en attendant d’en élaborer d’autres est le piège dans lequel peuvent tomber les mouvements révolutionnaires. Voilà pourquoi les luttes politiques et syndicales dans l’éducation ou ailleurs, ne peuvent se développer positivement sans principes et qu’en l’occurrence, le syndicalisme voyou est ce que nous devons critiquer le plus sévèrement dans l’instant. Ensuite, il se pourrait que le moment que nous traversons soit un temps de déroute mais il est aussi le temps de la réflexion. L’heure est à la refondation du politique ou de la chose publique dans notre pays mais peut-être aussi dans l’ensemble des DOM. Que cela se révèle dans les problèmes globaux de l’éducation est chose évidente. Mais l’éducation est toujours révélatrice de l’ensemble de la chose publique. Cette refondation du politique doit se faire hors de toute logique politicienne. C’est en ce sens qu’elle concerne d’abord et avant tout la société civile. Elle est la condition propédeutique à toute évolution statutaire. Seul son déploiement dans le débat public pourra donner confiance aux Guadeloupéens dans l’avenir, dans les luttes sociales et dans la vie politique qui prendrait un cours nouveau. Le sens du vivre ensemble est à ce prix. Ne fermons donc pas la ronde, camarades ! Ouvrons-là plutôt ! Continuons le mouvement de libération de la parole qui avait timidement commencé et donnons-lui des bases solides, aussi bien dans des salles d’université qu’au pied de très grands arbres comme dans les palabres africaines. Avec l’évolution technologique, internet est devenu notre baobab de l’heure. Nos paroles seront libératrices si nous les confrontons dans le souci commun de l’avenir de notre pays. Mais surtout que nos tentatives de mises en commun de nos paroles voire de nos actes ne se fassent pas sans le respect de certains principes.

Jacky DAHOMAY

PS. On me demande pourquoi j’interviens sur des questions théoriques, en ce moment, de façon aussi subjective et personnalisée. Je crois que dans une société peu habituée au débat public de nature théorique, il faut nécessairement passer par cette première forme d’individuation, rompant avec le holisme ou communautarisme ambiants. Ce pourquoi Socrate d’ailleurs intervenait, au début de la naissance de la philosophie en Grèce, de façon subjective et ironique. Ce n’est donc qu’une étape nécessaire vers des formes d’expression plus théoriquement neutres.




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André-Jean Vidal
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 22:17
« Voilà, Monsieur Domota, des faits, des chiffres, des réalités »
Quelques réflexions suscitées par l'interview d'Elie Domota parue dans France-Antilles (édition du 16 juin 2009).
Se disant pris à partie par le leader de l'UGTG, Ivan de Dieuleveult, p.-d.g. de gardel SA, a souhaité s'exprimer dans nos colonnes.


Monsieur Domota, vous avez une formation en économie et gestion, mais vous ne semblez pas vous en souvenir quand vous répondez aux journalistes en particulier, à propos de Gardel, ou alors votre dogmatisme vous aveugle et vous faire perdre tout sens de la réalité économique. Vous faites des déclarations péremptoires, fracassantes et totalement fausses. Il est vrai que vos propos ont pour seul but de tromper et de manipuler l'opinion publique guadeloupéenne.
Il est donc nécessaire de fournir aux lecteurs de France-Antilles de vraies informations et de rectifier vos propos totalement et volontairement faux.
Tout d'abord, Gardel n'a pas dit « qu'elle avait perdu 10 millions». Gardel a dit qu'après une simulation au 31 juillet, date de clôture de son exercice comptable, il y avait un risque que la perte soit de l'ordre de 10 millions.
Gardel communiquera ses chiffres définitifs en octobre.
Néanmoins, avec l'historique, des modèles de simulation, en observant la chute dramatique de la richesse depuis le démarrage, nous élaborons des hypothèses crédibles.
Nous en tirons la conclusion que le risque de terminer l'exercice au 31 juillet avec une perte qui avoisinera les 10 millions a une probabilité élevée.
Il ne faut pas s'en étonner pour diverses raisons, la première d'entre elles est directement imputable aux « événements » du premier trimestre 2009 qui ont secoué la Guadeloupe pendant 44 jours, mais deux mois pour Gardel et même deux mois et demi à la CTM.
Vous faites remarquer que Gardel est en bonne place dans la liste des entreprises qui bénéficient de fonds Européens. C'est tout à fait exact : il s'agit de 10,833 millions en 2009 et ce sera 11,456€ en 2010 et les années suivantes, jusqu'en 2015.
Dire que Gardel reçoit beaucoup d'argent de l'UE, sans dire à quoi il est destiné et, plus grave affirmer que c'est « une pompe à fric pour enrichir les actionnaires », c'est un propos diffamatoire, c'est une grossière manipulation de l'opinion qui doit être vigoureusement dénoncée.

« Cet argent va directement dans la poche des planteurs »

Les 10,8 millions de 2009 sont destinés à faire face à la diminution de 17% du prix de référence du sucre de raffinage, baisse décidée par l'UE dans le cadre de la réforme de l'OCM sucre (organisation commune du marché du sucre).
Les 11,5 millions de 2010 et les années suivantes sont destinés à compenser la diminution de 36% du prix de référence des sucres de raffinage.
Cet argent va directement dans la poche des planteurs, car il est destiné à aider les usines à maintenir le prix de la canne à un niveau constant.
Sans cette aide, la baisse dirigiste du prix du sucre devrait être répercutée sur le prix d'achat de la canne. Les revenus du planteur, déjà insuffisants, seraient amputés de 40%.
L'UE a compris que la réforme qui était supportable par les betteraviers européens qui pouvaient se restructurer, ne pouvait pas s'appliquer sans contre partie dans les DOM.
La restructuration des unités sucrières étant déjà réalisée depuis des années dans les DOM.
C'est ainsi qu'ont été mis sur pied ces régimes d'aides aux filières canne-sucre des DOM.
Cette aide sert également à s'acquitter de la cotisation à la production.
Cette taxe, bien qu'elle s'appelle "cotisation à la production" est assise sur les quotas de sucre détenus et non sur les quantités de sucre produites.
Gardel a un quota de 100 600 tonnes de sucre et paye 1,207 millions de taxe chaque année, à ce titre.
Enfin il faut payer pour envoyer le sucre au raffinage. Entre le transport du sucre au silo de Jarry, les frais de stockage, la mise à bord du vraquier et le fret proprement dit c'est entre 95 et 100€/tonnes. Avec des quantités de sucre vrac de l'ordre de 55.000T, quand on ne démarre pas avec 2 mois de retard comme cette année, ce sont plus de 5 millions pris dans l'aide POSEI
Gardel fonctionne avec des fonds publics, il ne peut en être autrement.
Il en va de même pour les Planteurs, car savez vous que l'Etat verse chaque année aux Planteurs via les quatre SICA : 20,160 millions.
Les planteurs seraient-ils eux aussi "une pompe à fric", pour reprendre votre expression.

« La canne retient les terres, lors des cyclones et il n'y aucune alternative crédible »

Ensuite, Monsieur Domota, vous déclarez que si 44 jours de grève (en fait deux mois complets à Gardel) suffisent à ébranler une entreprise comme Gardel « il faut réfléchir pour passer à autre chose ».
Très bien, mais à quoi ? Il ne suffit pas de parler, il faut agir, il faut proposer des solutions concrètes et réalistes.
Même des planteurs UPG bon teint comme Alain Gayadine ou Georges Magdeleine, que j'apprécie pour leur intelligence, la grande connaissance de la filière, la qualité de leurs analyses et leurs qualités humaines, ne cessent d'affirmer que « il faut aller vers plus d'autonomie alimentaire en Guadeloupe. Il faut développer les cultures vivrières et les produits locaux », mais ils disent aussi que « cette diversification doit se faire autour du poto mitan de la canne. La canne doit rester le revenu de base de l'agriculteur guadeloupéen ». Voilà ce qu'ils disent. La canne retient les terres, lors des cyclones et il n'y aucune alternative crédible, aujourd'hui pour les 10 000 Ha plantés en cannes à sucre destinées à l'usine Gardel.
En outre, pour que l'opinion publique gaudeloupéenne soit complètement informée, sachez qu'aucun des actionnaires n'a jamais reçu le moindre dividende ni les administrateurs le moindre jeton de présence et qu'ils n'en recevront jamais aucun. Gardel est malheureusement structurellement déficitaire, malgré toutes ces aides.
Depuis trois ans l'entreprise ne se portait pas si mal, les résultats étaient faiblement négatifs. Les investissements, la modernisation, la formation des opérateurs, le développement des sucres spéciaux et la conquête de marchés export, avaient permis d'améliorer nos comptes. Cette campagne qui s'annonçait très prometteuse nous aurait permis de dégager un résultat bénéficiaire.

« Le démarrage trop tardif de la campagne va faire plonger Gardel »


Au lieu de quoi, le démarrage trop tardif de la campagne va faire plonger Gardel.
On ne démarre pas une campagne sucrière en Guadeloupe avec 2 bons mois de retard sans le payer cash. Nous n'avons broyé à la mi-juin que 280 000 tonnes de cannes sur les 618 000 tonnes estimées par la chambre d'agriculture.
Si nous pouvions tourner à une cadence moyenne de 5 100T/J, nous en aurions encore pour 67 jours de roulaison, soit plus de 72 jours calendaires, la campagne devrait aller jusqu'à la fin août !
C'est très improbable à cause des terrains gorgés d'eau et de la richesse qui chute chaque jour. Nous avons démarré le 16 avril à 9,76 de richesse, deux mois plus tard nous en sommes à 7,76. Dans 10 jours les cannes de Basse Terre seront à moins de 5 de richesse et celle de Grande Terre a moins de 6.
Au cours de cette campagne nous n'expédierons que deux bateaux de 12 000 tonnes de sucre vrac au lieu de 4 les autres années.
2 bateaux de 12 000 tonnes en moins à 430€/T ça fait 10,32 millions de recette en moins.
Comme quoi, deux mois de grève qui entraîne un démarrage beaucoup trop tardif de la campagne, la perte de richesse, la moindre production de sucre, font plonger les comptes de Gardel dans un gouffre abyssal !
Cela s'explique très simplement et c'est une évidence.
Il faut y ajouter les deux mois de ventes perdues sur le marché local : 1 million de recettes en moins.
Enfin nous avions la possibilité de vendre 8 000 tonnes de sucre de bouche à l'export, valorisé entre 650 et 800€/T, prenons une moyenne de 700€/T, nous allons péniblement en produire et vendre 2 000 tonnes. 6 000 tonnes en moins à 700€/T c'est encore une perte de recette de 4,2 millions.

« Gardel ne cache rien, parce que Gardel n'a rien à cacher »

Voilà Monsieur Domota des faits, des chiffres, des réalités et non des déclamations mensongères et manipulatrices. Nous aurions dû afficher un résultat bénéficiaire, au lieu de ça la situation sera catastrophique et nous conduira probablement à une procédure d'alerte.
Pour ceux qui ont cru à vos propos et qui douteraient encore de la réalité économique et financière de Gardel, pour ceux qui ont pu se laisser influencer par des déclarations mensongères sur du fric planqué dans des paradis fiscaux ou dans des super marchés, sachez que chaque année nos bilans, liasse fiscale, etc. sont déposés au tribunal de commerce et qu'ils peuvent être consultés par toute personne qui en fait la demande.
Ils peuvent également les obtenir sur internet y compris le rapport de gestion.
Gardel ne cache rien, parce que Gardel n'a rien à cacher.
Fermer Gardel c'est mettre 350 personnes au chômge, c'est priver la Guadeloupe de 10 millions de masse salariale injectée dans le tissu économique chaque année.
C'est mettre 3 500 planteurs à la rue et 9 à 10 000 personnes avec leur famille.
Ces éléments doivent aussi être pris en compte pour avoir une vision complète de la situation.
Ils expliquent pourquoi l'Europe et l'Etat ont décidé de mettre des fonds publics pour faire fonctionner la filière canne sucre des DOM et l'économie de la Guadeloupe.
Il n'y a là, rien de scandaleux.
Ivan de DIEULEVEULT
p.-d.g. de Gardel SA
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André-Jean Vidal
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 16:08
RIFIFI A DESHAIES

Reçues de l'opposition à Jeanny Marc, ces infos.

Conseil municipal de Deshaies du 18 juin 2009
Vote du compte Administratif, le déficit de la commune se creuse

Ce jeudi 18 juin 2009, le Conseil municipal de la commune de Deshaies est convoqué en vue d’examiner et d’approuver le Compte Administratif pour l’exercice 2008.

Il est à regretter que les élus ne pourront pas, cette année, se prononcer sur le budget, étant donné que la commune en a été dessaisie par la Chambre Régionale des Comptes.

Le déficit de la commune qui était de 820.000 €, à la fin de l’exercice 2008, atteint aujourd’hui la somme de 1.100.000 € (Un million cent mille euros), soit plus de 25 % des recettes de fonctionnement. Il excède donc de manière considérable les taux autorisés par la réglementation.

L’Administration avait fixé à 2011 la limite maximale pour la résorption du déficit par la municipalité. Mais, malgré une augmentation des impôts de plus de
 20 %, force est de constater que les recommandations de la Chambre n’ont pas été suivies.

C’est donc la Chambre Régionale des Comptes qui se chargera désormais de l’élaboration et de l’exécution du budget communal de Deshaies. Le contribuable devra, une fois de plus, se résigner à endosser une nouvelle augmentation de ses impôts.
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André-Jean Vidal
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 16:07
INDISCRÉTIONS
Jacques
Jacques Chirac déclarait (à la Martinique, le 11 mars 2000) : « Les statuts uniformes ont vécu et chaque collectivité d’outre-mer doit pouvoir désormais, si elle le souhaite, évoluer vers un statut différencié, en quelque sorte un statut sur mesure ». Visionnaire, n'est-ce pas Me Marianne (président de l'atelier Gouvernance des états généraux) !

Nicolas
Mercredi, le préfet Nicolas Desforges a vendu à la presse la relance du logement social, dans le cadre d'un repas frugal (l'Etat serre les boulons), mais sympathique au CWTC. En off on s'est dit beaucoup de choses. Le préfet (il ne peut pas s'en empêcher) a lancé quelques piques, les journalistes aussi. Tout ceci avec le sourire. Le préfet Desforges, pour lequel Jocelyn Durizot, du Progrès Social, devrait un de ces jours faire une pétition de soutien, reste encore quelque temps en Guadeloupe. Au fil des rencontres on se prend à apprécier ce haut fonctionnaire d'Etat un peu cassant au premier abord. C'est vrai que le pauvre homme n'a pas eu un début de séjour facile en Guadeloupe ! Mais, il se reprend, prêt pour la suite...

Jean-Claude
Jésus Christ, Gandhi, Martin Luther King, Mandela... et Malo. Dans www.fwiyapin.fr, Jean-Claude Malo, ci-devant porésident de l'association des maires, mais toujours vice-président du conseil régional et maire de Bouillante, cite sa filiation... spirituelle, s'entend !

Jean-Claude 2
« Je suis de la Côte Sous-le-Vent. Lurel est mon voisin, un frère, un ami. Je me suis solidarisé de lui depuis 1997. Je le connais bien et il sait qui je suis. Il sait que nous ne partageons pas la même vision de la Guadeloupe. Nous travaillons ensemble au conseil régional, dans l’intérêt de la Guadeloupe... Cependant, le mouvement social a fait surgir nos différences. Quoi de plus normal que j’exprime les miennes ! Les intérêts de mon peuple m’invitent à ne pas donner la priorité aux intérêts personnels. Comprenez bien que je ne suis pas contre ou pour Lurel ; je suis pour mon pays... », explique, dans la même interview, notre ami Jean-Claude.

Victorin
« Ces rumeurs, ça peut flatter mais ça commence à me causer un vrai préjudice », a dit hier M. Lurel, faisant référence à sa possible nomination au gouvernement, qu'il a déjà réfutée... le 12 juin dans nos colonnes. « Cela fait des années que je suis au Parti socialiste. Socialiste je suis, socialiste je resterai », a-t-il déclaré à l'AFP avant d'ajouter: « Je n'ai rien demandé et je n'ai rien à accepter ». Quand on pense qu'il y en a qui se feraient couper un bras pour en être. Toto est stoïque !
André-Jean VIDAL
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André-Jean Vidal
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 16:06
INDISCRÉTIONS
Eric
Eric Jalton, député de la première circonscription, active la vache à lait. Il s'étonne que la demande d'indemnisations après l'ouragan Omar, faite par le comité des pêches local ait eu peu d'effets. Deux millions d'euros de l'Etat pour 262 embarcations sinistrées, ce qui, selon lui, représente 3,8% du préjudice estimé. La vache donne moins de lait. De moins en moins...

Eric 2
Le même Eric Jalton s'étonne que l'Etat (en fait Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche pour quelques jours encore) ne proroge pas les dispositifs prévus dans le cadre du Plan pour une pêche durable et responsable. « Seuls 400 000 euros sur une enveloppe de 4 millions d'euros prévus pour la Guadeloupe ont été utilisés. » Il est effectif que si la somme est là, il faut tout faire pour l'utiliser, d'autant que la pêche, comme il le souligne « est passablement sinistrée. »

Victorin
Victorin Lurel s'intéresse au tourisme. Lors de la discussion du projet de loi sur la modernisation du tourisme, aujourd'hui, il proposera par amendements des mesures simples pour aider, de façon conjoncturelle et structurelle, ce secteur : une exonération totale, à titre temporaire, de TVA pour l'ensemble du secteur, l'instauration de visas touristiques spécifiques outre-mer, la dispense de frais de visa temporaire actuellement imposées au personnel des compagnies aériennes afin d'attirer ces touristes à fort potentiel en Guadeloupe, des moyens supplémentaires pour contrôler les compagnies aériennes dans leur fixation des tarifs sur la desserte des outre-mers.

Yves
Il semble qu'Yves Jégo conforte, avec la réussite des états généraux, sa position de secrétaire d'Etat à l'Outre-mer puisque, le 26 juin, il accompagnera le président de la République lors de son déplacement aux Antilles. Sauf que Nicolas Sarkozy peut très bien le laisser au pied de la passerelle au moment de l'embarquement, lui signifiant ainsi son congé. « Une heure avant un remaniement ministériel personne ne peut dire "J'en suis" », confiait l'autre jour un ami, fin connaisseur de la chose publique.

Yves 2
« Accompagnerez-vous le président de la République lors de son déplacement aux Antilles de la fin juin ? », a demandé hier matin François-Xavier Guillerm, notre correspondant à Paris. La réponse deM. Jégo est explicite : « Oui, c’est prévu. » « Le président, ajoute le journaliste, devrait annoncer son remaniement après la réunion des députés et sénateurs en congrès à Versailles, le 22 juin ; il devrait partir aux Antilles, le 24 ou le 25, on peut donc estimer que le secrétaire d’Etat ne changera pas, sauf à devenir ministre, mais ça non plus, ça n’est pas confirmé. »
André-Jean VIDAL
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André-Jean Vidal
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 16:04
SUJET : LA GUADELOUPE, L'HUILE ET LE FEU
 
Ça circule sur le web.
 
http://www.bondamanjak.com/guadeloupe/27-a-la-une/7536-un-beke-propose-aux-noirs-guadeloupeens-de-retourner-au-senegal.html
 
 
Ce n'est pas long : 1 minute 30, environ. Il s'agit d'une interview d'Hervé Damoiseau diffusée il y a quelques mois.
 
Le titre de la rubrique, comme c'est lisible sur le lien lui-même, non seulement est tendancieux, mais il est menteur : M. Damoiseau propose seulement aux Guadeloupéens qui crachent sur la Guadeloupe (fruit de sa propre histoire) de visiter le Sénégal à des fins de comparaison et d'instruction.
 
C'est la preuve que bien des rédacteurs, spiqueurs, orateurs divers ou lideurs d'opinion ne comprennent pas plus ce qu'ils disent que ce qu'on leur dit (à moins qu'ils ne fassent exprès, ce qui en dit long sur leur bonne foi).
 
Ceux de BondaManJak  ne sont pas les seuls, du reste : un astucieux pervers a trouvé le moyen de faire apparaître sur le film lui-même, avant les images, une mention volontairement inexacte, qui est celle-ci : "Un béké propose aux noirs guadelopupéens de retourner au Sénégal". C'est ce que reprend BondaManJak comme intiitulé de lien, soit sans avoir écouté l'interview, soit sans avoir compris ce que disait M. Damoiseau, lequel s'exprime pourtant plutôt sans détour.
 


Hervé Damoiseau, donc, propose :
 
a) non pas aux noirs guadeloupéens, mais à certains guadeloupéens (se plaignant abondamment de la Guadeloupe et de son système), ce qui n'est pas la même chose,
 
b) de découvrir le Sénégal (en le visitant), ce qui est le contraire d'y retourner.
 
En conclusion : Le bonda de cette Man Jak n'est certainement pas très propre. En tout cas, ce qui en sort, ne l'est pas du tout.
 
MAIS IL N'EST PAS LE SEUL !!!!
 
Sur le site - à tout le moins... "exclusif" - Grioo.com, le procédé est encore plus grossier. C'est-à-dire plus ouvertement mensonger. À en croire ce titre, on fait dire à Hervé Damoiseau (s'adressant à des gens en relation communautaire avec le site en question) : "retournez en Afrique", ce qu'il ne dit pas.
 
Peu importe que le reportage, accessible sur la même page, permette au visiteur de ce blog de s'apercevoir qu'on lui ment pour susciter chez lui la haine (raciale), le mal est fait. On retiendra le titre, qui est censé résumer le contenu de l'interview. Et la haine, une fois stimulée, entrave le jugement qu'il prive de tout sens critique, ce qui a toujours fait les beaux jours du fanatisme.
 
Les informations écrites figurant dans ce que l'on pourrait appeler  le montage désinformant de grioo.com sont les suivantes :
 
a )Sujet du message: Un Béké :"Retournez en Afrique"
 
b) En sous-titre du film, lisible, donc, avant que celui-ci ne soit activé : "Un béké : Si vous n'êtes pas contents, retournez au Sénégal"
 
Enfin, comme nous le savons déjà (car les désinformateurs progressent en escadrille), sur le film lui-même, avant qu'apparaissent les images, on peut lire (dont il est déjà dit plus haut est une déformation des propos de l'interviewé) : "Un béké propose aux noirs guadeloupéens de retourner au Sénégal".
 
À toutes fins utiles, et comme chacun peut le vérifier sur le matériel fourni par la subversion elle-même, voici la réalité des propos de M. Damoiseau : "Et puis, puisqu'on se plaint autant de la Guadeloupe et de son système, eh ben, les Guadeloupéens sont en grande partie Sénégalais, qu'est-ce qui leur empêche d'aller visiter le Sénégal, pour voir si on est mieux en Sénégal qu'en France puisque le pouvoir colonialiste est si désagréable que ça".
 
 
http://www.grioo.com/forum/viewtopic.php?t=11387
 
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André-Jean Vidal
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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 23:36
LA RELANCE DU LOGEMENT AIDE EN GUADELOUPE



La politique de l’Etat en matière de logement aidé est très offensive en Guadeloupe. Le plan de relance du logement de 2009, vient renforcer la politique menée en lien avec les collectivités partenaires ainsi que les acteurs du logement (bailleurs sociaux, associations de locataires, ADIL…).

L’observatoire de l’habitat de la DDE enregistre 20 000 demandes de logements, non satisfaites. La programmation 2009 (avec 58,3 M€ pour l’engagement de 2 700 logements aidés) sera abondée de 4 M€ supplémentaires de subventions pour la réhabilitation parasismique de 750 logements dans le cadre du plan de relance.


La relance de la politique de l’habitat social
Le logement aidé  renforce la politique publique partenariale de l'Etat notamment le plan de relance du logement social. L'adoption de la loi programme LODEOM prévoit des mesures nouvelles, notamment un maintien de la LBU avec un renfort par une défiscalisation orientée sur le logement social.


L’équipement de chaque logement neuf en chauffe eau solaire
La LODEOM donne désormais à la Région Guadeloupe, compétence en matière de réglementation thermique dans le bâtiment, d’économies d’énergie (utilisation de l’article 73 de la Constitution).
L'eau chaude sera obligatoire dans tous les logements neufs ( privés, sociaux...) en mai 2010. De plus, 50% de celle ci devra être fournie par des énergies renouvelables. En pratique, cela veut dire que le chauffe eau solaire sera généralisé pour tout logement neuf individuel et mixte dans le collectif.


Le soutien aux communes en leur redonnant les moyens de l’aménagement à vocation sociale
Des conventions d'action foncière dites CAFO sont en cours de signature avec la moitié des communes de l'archipel. La commune établit avec les bailleurs la liste des opérations de logement social à réaliser. En contrepartie, une subvention à l'aménagement par logement social produit (dite FRAFU - CAFO) est mise en place.


RELANCER LA POLITIQUE DE L’HABITAT SOCIAL

La loi programme de développement économique pour l’outremer (LODEOM) adoptée, prévoit des mesures nouvelles, notamment un maintien de la ligne budgétaire unique (LBU) avec un renfort par une défiscalisation orientée sur le logement social. Une période transitoire de 2 ans a été accordée pour la fin de la défiscalisation privée classique et la réussite du nouveau dispositif, mieux doté mais plus complexe.
Le logement aidé :  « Une politique publique partenariale à forts enjeux, une politique offensive de l'Etat depuis plus de 10 ans renforcée en 2009 par notamment le plan de relance du logement social et l'adoption de la loi programme ».
∑ En Guadeloupe, sur les 165 000 résidences principales, on dénombre 43 000 logements sociaux (31 000 logements locatifs, 11 000 logements en accession, 1 100 logements privés collectifs ) mais la demande non satisfaite est encore de 20 000 logements . (observatoire de la demande).
∑ Une politique offensive est mise en œuvre afin de rattraper le déficit (20 000 logements) et satisfaire l'offre depuis plus de 10 ans.

Depuis 10 ans et chaque année,  plus de 50 M€, sont engagés au titre de cette politique.

En 2008 : ce sont plus de 2000 logements qui ont été engagés, pour 2900 logements mis en chantier dans l'année et 2150 logements livrés dans l'année (tous produits confondus).

En 2009 : la programmation est consolidée, développée grâce au plan de relance et au déblocage des garanties d'emprunt.

Cette année 58,3 M€ sont programmés pour l'engagement représentant 2700 logements aidés.

Dans le cadre du plan de relance, 4 M€ supplémentaires seront engagés pour subventionner 750 logements en réhabilitation parasismique.

Les 3 000 logements engagés les années précédentes, qui ont fait l'objet d'un déblocage de garantie de prêt seront mis en chantier cette année. Ils s'ajouteront à la mise en chantier des logements engagés en 2007 (de l'ordre de 4 000 logements mis en chantier en 2009 pour 2900 logements en 2008)
Relancer l'accession sociale à la propriété
La Guadeloupe souffre d'un probl_me particulier de _  panne de l'accession sociale _. Aucun produit ne fonctionne bien : peu de LES car produit ancien et obsol_te, quasiment pas de PTZ ( 500 pour un d_partement _quivalent en m_tropole), pas de Pass Foncier. La priorit_ sera donc d'exp_rimenter de nouveaux produits afin de recr_er en Guadeloupe une accession sociale populaire et adapt_e. Plusieurs projets sont en cours de montage ( dispositif assez complexe entre les pr_ts bancaires et les incitations et la r_glementation Etat). La volont_ politique existe, le financement du SEOM aussi: il faut maintenant recr_er le savoir faire local.


SOUTENIR LES COMMUNES ET LEUR REDONNER LES MOYENS
De l’aménagement à vocation sociale
L'enjeu des conventions d'actions foncières (CAFO) est de relancer la politique du logement social dans les département d'outre-mer. Cette contractualisation entre l'État et les communes a pour objectif de dynamiser la recherche de foncier pour le logement aidé sur les territoires où il est observé une tension foncière et une demande de logement non satisfaite.
L'instruction du secrétariat d'État à l'outre -mer du 13 novembre 2008, affiche la volonté de l'Etat, d'aider les collectivités qui s'engagent dans une action de mobilisation et constitution de réserves foncières pour atteindre les objectifs de production de logements sociaux. Il convient de noter que les C.A.F.O. ne concernent pas les opérations dans le domaine de la rénovation urbaine ainsi que les opérations situées dans le périmètre de la résorption de l'habitat insalubre (R.H.I.).

Le dispositif FRAFU - CAFO
Des conventions d'action foncière dites CAFO sont en cours de signature avec la moitié des communes de l'archipel. La commune établit avec les bailleurs la liste des opérations de logement social à réaliser. En contrepartie, une subvention à l'aménagement par logement social produit (dite FRAFU - CAFO) est mise en place. Les montants sont majorés pour la double insularité et les centres villes. Il s'agit donc par cet outil de redonner aux communes les moyens juridiques et financiers de piloter l'intégration d'opérations de logement social à taille humaine sur leur territoire. La région, le département et l'Etat créent dès 2009 un fond dédié doté de 12M€, à parité Etat collectivités pour mettre en place cette subvention, qui constitue un appui important à l'aménagement équilibré du territoire.
2 actions majeures pour soutenir et dynamiser la production de logements neufs :
- La réactualisation des paramètres de financement (+27% - LODEOM), de l’allocation Logement et du forfait charge.
- La mise en place des conventions d’actions foncières (CAFO) : une subvention complémentaire de 5 à 20 K€ par logement qui s'ajoute à celle de la subvention pour la construction de 25 K€ par logement.

En effet, la mobilisation du foncier dédié au logement aidé par les communes est aujourd'hui subventionée par l'Etat à travers la convention CAFO.

A ce jour, 5 conventions CAFO sont signées ou prêtes à l'être :  communes de Basse-terre, Terre-de-Haut, Lamentin, Port-louis, Gosier et Saint-martin.

5 CAFO sont en cours de rédaction : Terre-de-bas, Vieux-habitants, Saint-louis et Grand Bourg de Marie -Galante, Saint-claude.

L'ensemble des opérations programmées en 2009 en et hors CAFO feront l'objet d'une demande de garantie d'emprunt aux communes.


EQUIPER DE CHAUFFE EAU SOLAIRE, CHAQUE LOGEMENT NEUF

L'eau chaude sera obligatoire dans tous les logements neufs ( privés, sociaux...) en mai 2010. De plus, 50% de celle ci devra être fournie par des énergies renouvelables. En pratique, cela veut dire que le chauffe eau solaire sera généralisé pour tout logement neuf individuel et mixte dans le collectif. La Guadeloupe (ainsi que les autres DOM, ceci sans équivalent en métropole) seront ainsi dans les quelques régions innovantes du monde qui ont franchi ce pas décisif.
D'un rythme d'environ 2 000 chauffe eaux solaires CES par an, la Guadeloupe passera dès 2011 à un rythme d'au moins 6 000 par an. Les impacts sur l'emploi local et sur l'économie des importations de ressources fossiles sont très significatifs et seront optimisés par un travail préparatoire avec les professionnels.
Cette mesure fait partie d'une nouvelle réglementation en date du 17 avril 2009: décrets dits RTA DOM. Des normes thermiques et acoustiques adaptées seront applicables en outremer à partir de mai 2010. Un travail d'information et de formation des professionnels, sera engagé dans les prochains mois.
En dernier lieu, les modes de financement sont adaptés :
∑ pour le particulier en neuf, le système actuel de crédit d'impôt sera maintenu ( infos ADIL, constructeurs, installateurs).
∑ pour le particulier en amélioration habitat ( travaux normés et sous conditions ressources) la prime par CES est passée de 0€ à 900€ (arrêté préfet du 18 mars 2009) .
∑ pour les logements sociaux sociaux, la subvention Etat pour le CES est passée en février 2009 de 180€ à 662€ .
∑ pour la réhabilitation des immeubles sociaux , le système sera conforté en lien entre les bailleurs l'Etat, la région, EDF et l'ADEME, afin de poursuivre le programme d'installation.
∑ par ailleurs, le surcoût de l'ensemble des nouvelles normes sera à nouveau analysé en lien avec les bailleurs sociaux.

La LODEOM donne désormais la compétence « Réglementation thermique dans le bâtiment », « Economies d'énergie » à la région Guadeloupe (utilisation article 73 de la Constitution). Cette innovation unique en France permettra d'adapter plus facilement les normes à la réalité de notre archipel, dans un souci d'exemplarité guadeloupéenne.
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André-Jean Vidal
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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 22:12
Tout le monde descend du… bateau

Voici un texte intéressant, que nous transmet Louis Dessout, conseiller municipal pointois. Il s'agit d'un copié-collé sur le site touristique de La Réunion.


L’île était déserte jusqu’à ce qu’elle devienne française, au XVIIe siècle. Elle a été peuplée par vagues successives. Ses premiers habitants étaient des colons français accompagnés de leurs serviteurs malgaches. Les premiers enfants nés à La Réunion étaient donc métissés, de mère malgache.
                                                                                      -------------------------------


Une société esclavagiste se met ensuite en place, arrachant la main d’œuvre à Madagascar et diverses régions d’Afrique. Lorsque l’esclavage est aboli, en 1848, la colonie cherche de nouveaux bras en Inde. Ces travailleurs, appelés " engagés" viennent essentiellement du Tamil Nadu (sud de l’Inde).

Au cours du XIXe siècle, des migrants venus de Chine et de l’Inde musulmane (Goujrat) commencent  à s’établir dans l’île. Ils sont rejoints au XXe siècle par de nombreux compatriotes.


A partir des années 1960, des Français de métropole viennent s’établir, en nombre croissant, à La Réunion. Dans les années 1970, le département français de l’océan Indien commence à attirer des Comoriens, dont des Mahorais.

 

Les visages réunionnais d’aujourd’hui, métissés pour la plupart, portent cette histoire. Ils sont familièrement qualifiés de :
- cafres : descendants d’esclaves ou de travailleurs engagés africains et malgaches ;
- zarabs : Indiens musulmans, qui ont en commun avec les Arabes la religion ;
- malbars : descendants des travailleurs engagés du sud de l’Inde ;
- zoreys : Français de métropole (le Français est dur d’oreille dès qu’on lui parle une autre langue que la sienne !) ;
- chinois : Réunionnais d’origine chinoise et peu métissé.
- yab, ou « petit Blanc des Hauts » : descendants des colons les plus modestes repoussés vers les Hauts de l’île dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

 

Mais aucune catégorie ne forme une communauté strictement cloisonnée : tous les jours, un mariage rapproche un peu plus chacune d’entre elles. La Réunion préfigure le monde de demain, celui d’un village uni par la vie en commun au-delà de ses origines multiples.


Quel meilleur remède contre le racisme ordinaire et les préjugés qu'un voyage à La Réunion ?
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André-Jean Vidal
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